Le malus écologique 2026 se déclenche à partir de 108 g de CO2 par kilomètre, contre 113 g/km jusqu’au 31 décembre 2025. Le montant maximal passe de 70 000 à 80 000 €, atteint dès 192 g/km.
En parallèle, le malus au poids frappe désormais les véhicules dès 1 500 kg de masse en ordre de marche, contre 1 600 kg auparavant. Ce dispositif à deux étages s’applique au moment de la première immatriculation en France.
Au 1er janvier 2026, le malus écologique a donc été durci sur deux fronts à la fois. Voici le barème complet, la méthode pour calculer votre malus, les abattements et les cas d’exonération applicables aux véhicules neufs immatriculés en France.
Ce qui change au 1er janvier 2026
- le seuil de déclenchement du malus CO2 descend de 113 à 108 g/km ;
- le montant maximal du malus monte de 70 000 à 80 000 €, atteint à 192 g/km ;
- la taxe sur la masse se déclenche à partir de 1 500 kg, contre 1 600 kg auparavant ;
- le cumul des deux taxes reste plafonné à 80 000 € par véhicule neuf, avant 90 000 € en 2027.
La trajectoire ne s’arrête pas là. Le texte définitivement adopté prévoit un nouveau tour de vis au 1er janvier 2027 : le seuil du malus tombera à 103 g/km et le plafond du cumul des deux taxes montera à 90 000 €. En revanche, la marche prévue pour 2028, qui visait 98 g/km et un plafond de 100 000 €, a été abandonnée en cours de navette par le gouvernement.
Le barème du malus écologique 2026
Le barème du malus CO2 est progressif : chaque gramme d’émission supplémentaire ajoute un montant, du premier euro jusqu’au plafond. La base de calcul est la quantité de CO2 émise par kilomètre, mesurée à l’homologation du modèle. Voici les montants aux principaux points du barème.
| Émissions de CO2 (g/km) | Montants jusqu’au 31 décembre 2025 | Montants au 1er janvier 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| 108 g/km | 0 € | 50 € | nouvelle taxation |
| 120 g/km | 210 € | 310 € | + 48 % |
| 130 g/km | 540 € | 983 € | + 82 % |
| 140 g/km | 1 504 € | 2 205 € | + 47 % |
| 150 g/km | 3 119 € | 4 279 € | + 37 % |
| 160 g/km | 5 715 € | 8 770 € | + 53 % |
| 170 g/km | 14 325 € | 22 380 € | + 56 % |
| 180 g/km | 32 935 € | 45 990 € | + 40 % |
| 190 g/km | 61 245 € | 76 800 € | + 25 % |
| 192 g/km et plus | 70 000 € à 193 g/km | 80 000 € | + 14 % |
Deux points à retenir de ce barème du malus. D’abord, un véhicule émettant 108 g/km ne payait rien en 2025 : il acquitte 50 € en 2026. Reste à savoir où se situe votre modèle. Ensuite, à 160 g/km, le malus passe de 5 715 à 8 770 €, soit plus de 50 % de hausse pour un même modèle inchangé. L’évolution est la plus brutale en milieu de gamme, entre 130 et 170 g/km, là où se concentrent les ventes de véhicules neufs en France.
Le taux d’émission appliqué est celui inscrit sur le certificat de conformité du véhicule, reporté au repère V.7 de la carte grise. Notre guide pour lire une carte grise explique où voir cette valeur et les autres repères utiles au calcul.
Qu’est-ce que le malus au poids 2026 ?
La taxe sur la masse en ordre de marche, ou malus au poids, s’ajoute au malus CO2. Cette taxe s’applique à la masse du véhicule, indépendamment de ses émissions. Un modèle lourd mais peu émetteur peut donc payer le malus au poids sans payer le malus CO2.
La masse appliquée est celle du repère G.1 de la carte grise : la masse en ordre de marche, véhicule vide avec les pleins et 75 kg de conducteur.

Le barème de la taxe sur la masse en ordre de marche
Le barème est marginal, tranche par tranche, comme l’impôt sur le revenu. Chaque kilogramme est taxé au tarif de sa tranche.
| Masse en ordre de marche | Tarif applicable |
|---|---|
| Jusqu’à 1 499 kg | 0 € |
| De 1 500 à 1 699 kg | 10 € par kg |
| De 1 700 à 1 799 kg | 15 € par kg |
| De 1 800 à 1 899 kg | 20 € par kg |
| De 1 900 à 1 999 kg | 25 € par kg |
| À partir de 2 000 kg | 30 € par kg |
Un véhicule de 1 950 kg paie ainsi 200 kg à 10 €, puis 100 kg à 15 €, puis 100 kg à 20 €, puis 50 kg à 25 €. Soit 2 000 + 1 500 + 2 000 + 1 250 = 6 750 € de malus au poids, avant même le malus CO2.
L’abaissement du seuil de 1 600 à 1 500 kg fait basculer une large part du marché : la plupart des SUV compacts thermiques et de nombreux breaks familiaux dépassent désormais ce seuil. Ces modèles échappaient au malus au poids en 2025 ; ils y sont concernés en 2026 sans avoir changé d’un gramme.
Les deux malus sont-ils cumulables ?
Oui. Le malus CO2 et le malus au poids s’additionnent sur la même immatriculation. Le cumul est toutefois plafonné au montant maximal du malus CO2, soit 80 000 € en 2026.
Ce plafond suit la trajectoire du malus CO2 : il passera à 90 000 € au 1er janvier 2027. La suppression pure et simple du plafonnement, un temps envisagée pour 2028, n’a pas été retenue.
Quels véhicules échappent au malus écologique ?
- les véhicules 100 % électriques, exonérés des deux taxes ;
- les véhicules à hydrogène, exonérés au même motif ;
- les véhicules accessibles en fauteuil roulant ;
- les véhicules détenus par une personne titulaire de la carte mobilité inclusion mention invalidité, dans la limite d’un véhicule par personne, particuliers comme professionnels ;
- les véhicules dont la première immatriculation est antérieure au 1er janvier 2015.
Les véhicules électriques restent donc la seule catégorie totalement à l’abri des deux malus en 2026. Aucune motorisation thermique, même la plus sobre, n’est exonérée par principe : elle échappe au malus seulement si elle passe sous les seuils. C’est aussi la logique du leasing social 2026, qui subventionne l’accès à une voiture électrique neuve pour les ménages modestes.
Les abattements et réductions du malus 2026
Familles nombreuses
Un abattement de 20 g/km de CO2 par enfant à charge s’applique à partir du troisième enfant, pour un véhicule d’au moins cinq places, dans la limite d’un véhicule par foyer. Sur la taxe au poids, l’abattement est de 200 kg par enfant à charge.
Hybrides et micro-hybrides
- véhicules hybrides rechargeables d’une autonomie électrique supérieure à 50 km : abattement de 200 kg, plafonné à 15 % de la masse ;
- hybride non rechargeable dont la puissance électrique atteint 30 kW : abattement de 100 kg ;
- micro-hybride : abattement de 100 kg.
Ces abattements portent uniquement sur la masse. Les véhicules hybrides rechargeables continuent d’acquitter le malus CO2 sur leurs émissions homologuées, qui restent faibles sur ce type de motorisation.
Véhicules à superéthanol E85
Un véhicule mis en circulation avec une motorisation compatible superéthanol E85 bénéficie d’une réduction de 40 % de son taux d’émission de CO2, sauf si ce taux dépasse 250 g/km. Sur un modèle à 150 g/km, la valeur retenue tombe à 90 g/km : le malus disparaît.
Le malus s’applique-t-il aux véhicules d’occasion ?
Un véhicule d’occasion déjà immatriculé en France ne repaie pas le malus lors d’un changement de propriétaire, quel que soit son taux d’émission. La taxe est due à la première immatriculation sur le territoire français, une seule fois. C’est un point souvent mal compris à l’achat d’une voiture d’occasion récente.
En revanche, un véhicule importé d’un autre pays et immatriculé pour la première fois en France y est soumis. Le barème appliqué est celui de l’année de sa première mise en circulation à l’étranger, minoré d’un abattement de 10 % par année d’ancienneté entamée.
Un modèle d’occasion importé de cinq ans voit ainsi son malus réduit de moitié. Au-delà de quinze ans, l’abattement atteint 100 % et la taxe devient nulle. Le détail du calcul figure sur service-public.gouv.fr.
Quand et comment payer le malus ?
Le malus se règle au moment de la demande de certificat d’immatriculation, en une seule fois. Il s’ajoute à la taxe régionale calculée sur les chevaux fiscaux et aux autres composantes du prix de la carte grise. Les services d’immatriculation en ligne encaissent le tout en une opération.
Le montant du malus écologique dû est celui du barème en vigueur au jour de l’immatriculation, et non au jour de la commande. Une livraison qui glisse du 20 décembre au 5 janvier fait basculer le véhicule neuf dans le barème de l’année suivante, ce qui peut coûter plusieurs milliers d’euros sur un modèle proche du seuil.
Notre article sur les chevaux fiscaux et le prix de la carte grise détaille les autres taxes qui composent la facture d’immatriculation.

Comment éviter ou réduire le malus écologique en 2026 ?
- choisir un véhicule électrique ou à hydrogène, exonéré des deux taxes ;
- retenir un modèle sous 108 g/km, ce qui reste possible sur les petites motorisations essence ;
- surveiller la masse en ordre de marche au repère G.1, et rester sous 1 500 kg ;
- vérifier l’éligibilité au superéthanol E85, qui retire 40 % du taux retenu ;
- faire valoir l’abattement famille nombreuse à partir du troisième enfant ;
- acheter une auto d’occasion déjà immatriculée en France, non soumise à la taxe.
La location longue durée ne supprime pas le malus automobile : le loueur l’acquitte à l’immatriculation et le répercute dans le loyer. Reste à savoir si le calcul vous est détaillé, ce qui n’est pas systématique. Une LLD de voiture électrique ou une LOA électrique évitent en revanche la taxe à la source, puisque le véhicule en est exonéré.
Malus et bonus écologique : quelle différence ?
Le malus est une taxe à l’achat d’un véhicule neuf émetteur. Le bonus écologique est une aide à l’achat d’un véhicule électrique. Les deux forment un dispositif unique de fiscalité automobile, alimenté selon le principe du pollueur-payeur : le produit du malus alimente le budget qui verse le bonus.
Le bonus écologique et le malus ne se rencontrent jamais sur le même véhicule : un modèle électrique éligible au bonus est par construction exonéré des deux malus. L’acheteur automobile qui hésite entre thermique et électrique arbitre donc entre payer une taxe et recevoir une aide, ce qui double l’écart de prix à l’achat.
À cette fiscalité nationale s’ajoutent la taxe régionale sur les chevaux fiscaux et, pour les véhicules importés, la taxe sur les émissions de CO2 recalculée à la première immatriculation française.
Ce qu’il faut retenir
- Malus auto sur le CO2 : de 50 € à 108 g/km jusqu’à 80 000 € à 192 g/km.
- Malus au poids : de 10 à 30 € par kg au-delà de 1 500 kg.
- Cumul des deux taxes plafonné à 80 000 € en 2026.
- Véhicules électriques et à hydrogène totalement exonérés.
- Abattements pour familles nombreuses, hybrides, superéthanol E85 et handicap.
- Nouveau durcissement voté pour 2027 : seuil à 103 g/km et cumul plafonné à 90 000 €.
Avant de signer un bon de commande, demandez au vendeur le taux d’émission de CO2 homologué et la masse en ordre de marche du modèle exact que vous achetez, finition et options comprises. Sur une même année, une jante plus large ou un toit ouvrant suffisent à faire franchir un palier, et le montant du malus change alors de plusieurs centaines d’euros.




