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Toyota Sprinter Trueno AE86 : histoire, Levin, 4A-GE, Initial D, prix et importation

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Toyota Sprinter Trueno AE86 noire et blanche vue de trois quarts avant avec ses phares escamotables

La Toyota Sprinter Trueno AE86 est une petite propulsion nippone produite de 1983 à 1987, motorisée par le 4A-GE de 1,6 litre à seize soupapes. Légère, équilibrée, simple à entretenir, elle a marqué la compétition de la décennie 1980 avant de devenir, grâce au manga Initial D et aux jeux vidéo, la voiture culte de toute une génération. Surnommée Hachi-Roku, « huit-six » en japonais, elle est aujourd’hui l’une des youngtimers les plus recherchées et les plus chères de sa catégorie.

Cet article retrace l’histoire de la Toyota Sprinter Trueno, explique la différence avec sa jumelle Toyota Corolla Levin AE86, détaille la mécanique et les finitions, présente les déclinaisons exportées en Europe et en Amérique du Nord, la carrière en course, la cote 2026, les canaux de recherche d’un exemplaire sain et les points à contrôler avant l’acquisition.

Que désigne la Toyota Sprinter Trueno ?

La Sprinter Trueno est la variante sportive de la Sprinter, elle-même dérivée de la berline compacte de cinquième génération, la famille E80 lancée en 1983. Alors que le reste du catalogue passe à la traction, Toyota conserve pour ses deux sportives compactes, la Trueno et sa jumelle, le châssis à propulsion de la mouture précédente, avec un essieu rigide à quatre bras et le tout nouveau 4A-GE à double arbre à cames. Le code interne désigne cette combinaison : A pour la famille de moteurs 4A, E pour la berline compacte, 8 pour la lignée E80 et 6 pour la variante à propulsion de 1,6 litre.

La voiture existe en deux silhouettes, une caisse à malle et une caisse à hayon, appelée liftback par Toyota, et en plusieurs finitions, de la plus dépouillée à la mieux équipée. Vendue dans l’archipel par le réseau Toyota Auto Store, la Trueno se distingue de sa jumelle par ses phares escamotables ; les deux partagent tout le reste. Environ 365 000 exemplaires des deux lignées sont sortis des usines de Tahara et de Higashi-Fuji, dont une minorité de véritables Hachi-Roku à 4A-GE.

DonnéeToyota Sprinter Trueno AE86 GT-Apex
Productionmai 1983 à mai 1987
Mécanique4A-GE, 1 587 cm3, 16 soupapes, double arbre à cames, injection
Puissance130 ch SAE à 6 600 tours (120 chevaux nets)
Couple149 Nm à 5 200 tr/min
TransmissionPropulsion, boîte de vitesses manuelle à 5 rapports (automatique 4 rapports en option)
Poids900 à 970 kg selon silhouette et finition
Longueur, largeur, hauteur4 200 x 1 625 x 1 335 mm, empattement 2 400 mm
Vitesse maximaleenviron 200 km/h
0 à 100 km/h8,3 s
Consommation7,8 litres d’essence aux 100 km
SilhouettesDeux portes à malle, trois portes à hayon
VolantÀ droite dans l’archipel, à gauche sur les déclinaisons exportées

Pourquoi l’appelle-t-on Hachi-Roku ?

Hachi-Roku signifie « huit-six », les deux derniers chiffres de la référence châssis. Le surnom est né dans les paddocks nippons, où la voiture s’est imposée comme la propulsion abordable par excellence, puis il a gagné le monde entier par le manga, dont le héros ne désigne jamais sa voiture autrement. Par symétrie, la variante 1,5 litre AE85 à simple arbre à cames s’appelle Hachi-Go, « huit-cinq » ; elle partage la caisse mais pas la mécanique, et vaut bien moins.

Trueno vient de l’espagnol et signifie « tonnerre » ; sa jumelle tire son nom d’un mot anglais ancien pour « éclair ». Les amateurs distinguent aussi les zenki, produites de 1983 à 1985, des kouki, restylées de 1985 à 1987, reconnaissables à leurs feux et à leur intérieur redessinés. Une kouki en finition supérieure, en livrée Panda blanc et noir, est la version la plus recherchée, et la plus copiée.

Histoire de la Toyota Sprinter Trueno : de la propulsion compacte à l’AE92

La Sprinter Trueno apparaît en 1972 à partir de la compacte E20, sous la forme d’un fastback à moteur 2T-G, et se succède à elle-même sur les TE27, TE47, TE61 et TE71, toutes à propulsion. En mai 1983, Toyota présente la cinquième mouture : le constructeur fait basculer ses berlines vers la traction, mais conserve pour ses deux sportives compactes le châssis à propulsion, moins cher à développer et apprécié des pilotes de circuit et de rallye.

La voiture reste au catalogue pendant quatre ans, avec un restylage en 1985. En 1987, la sixième mouture AE92 passe à la traction, avec en haut de gamme un 4A-GZE à compresseur baptisé Super Charger, et met fin aux propulsions compactes de Toyota ; le modèle survit sous cette appellation jusqu’en 2000, mais les puristes ne retiennent que la propulsion. Cette rupture technique explique en partie la légende : la dernière propulsion légère du constructeur, produite en quantité limitée en version 4A-GE, est devenue rare dès la décennie 1990, quand le drift et le manga ont fait exploser la demande.

Hachi-Roku blanche et noire aux couleurs du manga, de profil
Une Hachi-Roku en livrée « Fujiwara Tofu » : la réplique de la voiture de Takumi est devenue un genre à part entière dans les rassemblements.

Trueno ou Levin : quelle différence ?

ÉlémentSprinter TruenoLevin
Optiques avantEscamotablesFixes, rectangulaires
Pare-chocs, ailes, capotSpécifiquesSpécifiques
Feux de queueDeux blocs, bande fumée sur la finition supérieureQuatre ampoules
Réseau de vente d’origineToyota Auto StoreRéseau Toyota dédié
Mécanique et châssisIdentiquesIdentiques
Cote 2026La plus élevée10 à 25 % de moins

Les deux voitures sont techniquement identiques : même châssis, même 4A-GE, mêmes rapports, mêmes trains roulants. Seule la face avant diffère, avec des ailes, un capot et un pare-chocs propres à chacune, et les feux de queue. La Trueno, avec ses optiques escamotables, est celle du manga, ce qui explique sa cote supérieure ; sa jumelle, moins médiatisée, est l’alternative logique pour qui veut la même expérience de conduite à moindre coût. Les faces avant se démontent et s’échangent, une conversion de la jumelle en Trueno n’est donc pas rare et doit être signalée dans l’annonce.

Le 4A-GE et le châssis : la technique de la Hachi-Roku

Le 4A-GE est un bloc de 1 587 cm3 à culasse en aluminium, double arbre à cames en tête, seize soupapes et injection électronique, avec le système d’admission variable T-VIS. Il développe 130 chevaux SAE à 6 600 tours et 149 Nm à 5 200 tours sur les modèles nippons, soit 120 chevaux nets, et monte volontiers à 7 700 tours. Partagé avec la MR2 AW11 et la Celica 1600, il est réputé indestructible et se prête à la préparation : les composants d’usure restent produits par des spécialistes, et un exemplaire bien entretenu dépasse 250 000 kilomètres sans ouverture.

Le châssis combine des jambes McPherson à l’avant et un essieu rigide à quatre bras tirés et barre Panhard au train postérieur, avec des barres stabilisatrices aux deux extrémités et un différentiel à glissement limité en option, quasi systématique sur les finitions sportives. La direction à crémaillère est assistée ou non selon les finitions, les freins sont à disques ventilés à l’avant et à disques ou tambours à l’arrière. Avec 900 à 970 kg, un empattement de 2 400 mm et une répartition des masses proche de l’équilibre, la voiture est vive, communicative et facile à mettre en glisse, qualités qui ont fait sa réputation.

La boîte manuelle T50 à cinq rapports équipe la quasi-totalité des exemplaires ; une automatique à quatre rapports existait en option sur certaines finitions, très rare aujourd’hui et sans intérêt pour un collectionneur. Le réservoir contient 50 litres, la consommation tourne autour de 8 litres en usage mixte, et la vitesse de pointe avoisine 200 km/h, un chiffre modeste qui ne dit rien de l’agrément d’une propulsion de moins d’une tonne à mécanique atmosphérique.

Finitions et silhouettes : GTV, Apex, Black Limited, AE85

FinitionSilhouetteParticularitésRareté
1600 de baseMalleModèle de base à 4A-GE, intérieur simplifié, tambours au train postérieur, 900 kilosRare, prisée en compétition
1600 GTVMalle et hayonSuspension ferme, disques aux quatre coins, différentiel autobloquant, intérieur sobreRecherchée par les pilotes
1600 supérieureMalle et hayonHaut de gamme : sièges baquets, direction assistée, becquet, feux fumés, jantes alliage 14 poucesLa plus courante et la plus chère
Black LimitedHayonÉdition limitée de 1986 : noir à filets dorés, sièges spécifiques, 400 exemplairesTrès rare, cote record
1500 SR et XL (AE85)Malle et hayon3A-U de 1,5 litre à simple arbre, 83 chevaux, tambours, même caisseCourante, souvent convertie

La finition supérieure représente l’essentiel des exemplaires importés : c’est la mieux équipée, avec ses sièges baquets, sa direction assistée et son becquet de hayon, celle de Takumi dans le manga. La GTV, plus dépouillée, est un point de départ de course avec ses disques partout et son différentiel monté d’usine ; la malle dépouillée, la plus légère, reprend l’intérieur de l’AE85. La Sprinter Trueno AE86 Black Limited de 1986, produite à 400 exemplaires pour relancer ses ventes face à sa jumelle, est l’édition spéciale la plus cotée.

Le choix entre malle et hayon est affaire de goût : le hayon, pratique, est le plus répandu et celui du manga ; la Toyota Sprinter Trueno coupé à malle, plus rigide et plus légère de quelques kilos, est préférée en compétition. Les couleurs d’origine sont peu nombreuses, blanc et noir Panda, rouge et noir, bleu, argent ; un exemplaire dans une couleur rare et d’origine se paie plus cher qu’une repeinte en Panda.

Jumelle à optiques fixes de la Trueno, en bleu marine
La jumelle à optiques fixes de la Hachi-Roku : même châssis, même 4A-GE, une face avant différente et une cote plus douce.

GTS, SR5 et européenne : les déclinaisons exportées en Europe et en Amérique

Hors de l’archipel, la voiture s’est vendue sous l’appellation Corolla, avec la face avant de la jumelle sur la plupart des marchés. En Europe, la Toyota Corolla GT à 4A-GE de 124 chevaux, appelée ci-après l’européenne, arrive en 1984 : hayon en France, en Suisse, en Espagne et au Portugal, malle en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Les exemplaires européens se reconnaissent à leur compteur gradué à 220 km/h, à leur antenne d’aile, à leurs clignotants latéraux et à l’absence de climatisation ; tous à volant à gauche et à boîte manuelle, ils restent la déclinaison la plus disponible sur le marché de l’occasion français.

En Amérique du Nord, la Sport GTS recevait un 4A-GEC de 112 chevaux dépollué et des pare-chocs allongés, avec les projecteurs escamotables de la Trueno et les feux de la jumelle, tandis que la SR5 se contentait du 4A-C à simple arbre et carburateur. L’Australie a reçu une Sprinter à hayon et 3A-U, le Moyen-Orient une déclinaison proche de celle des USA. Ces exportées, moins cotées que les modèles nippons mais homologuées, sont la porte d’entrée la plus abordable vers la lignée.

Comment se conduit une Hachi-Roku ?

En conduite, la première impression est celle d’une voiture minuscule et légère : position basse, monte de 14 pouces, cerceau fin, commandes directes. Le 4A-GE demande des tours pour s’exprimer, mou sous 4 000, vif au-delà, et son timbre métallique à seize soupapes fait tout le charme de l’exercice. La boîte est courte et précise, le freinage suffisant pour le poids, et la direction, assistée ou non, remonte tout ce que fait le train avant. Sur route sinueuse, la propulsion se place au frein, se laisse guider à l’accélérateur et pardonne les erreurs, ce qui en a fait la voiture-école de tant de pilotes.

Au quotidien, elle reste utilisable : quatre places, un coffre honnête sous le hayon, une consommation de 8 litres, une fiabilité de Toyota. Le confort est celui d’une compacte de 1983, bruyante sur autoroute, sans climatisation sur les européennes, et l’insonorisation sommaire laisse passer le chant du moteur. La cote actuelle et le risque de vol incitent toutefois la plupart des propriétaires à une utilisation de loisir, sur route ouverte ou en journée circuit, où elle brille encore face à des voitures bien plus puissantes.

La Hachi-Roku en compétition : circuits, rallyes et naissance de la glisse

Dès 1983, la Toyota a couru en groupe A : victoire de catégorie aux 24 Heures de Spa-Francorchamps, titres en championnat nippon de tourisme à Sugo en 1985 et 1986 face aux Skyline et aux Mitsubishi Starion de plus grosse cylindrée, et deux titres consécutifs de Chris Hodgetts en championnat britannique en 1986 et 1987 devant les Ford Sierra et les 635 CSi. En rallye, la voiture s’est illustrée dans les championnats nationaux, de l’archipel à la Finlande, où sa propulsion et sa masse plume compensaient sa cylindrée modeste.

C’est surtout sur les routes de montagne, les touge, que la voiture a bâti sa légende : un jeune pilote de course, plus tard surnommé le Drift King, y a appris à faire glisser sa Hachi-Roku avant d’en faire une discipline à part entière. La propulsion, la masse réduite, l’essieu rigide et le différentiel autobloquant en font la voiture d’apprentissage idéale, et elle reste utilisée dans les championnats de glisse à petite cylindrée, souvent avec un 4A-GE à vingt soupapes ou une mécanique plus moderne.

Initial D, Gran Turismo, Toyota 86 : pourquoi la légende ?

Le manga de Shuichi Shigeno, publié à partir de 1995 puis adapté en anime et en film, met en scène Takumi Fujiwara, livreur de tofu qui bat les sportives de la région au volant de la Trueno à hayon de son père sur le mont Akina. Le succès mondial de l’œuvre, relayé par la presse automobile, a transformé une petite propulsion de 1983 en icône, et la voiture blanc et noir portant l’inscription « Fujiwara Tofu » sur la portière est devenue la réplique la plus courante des rassemblements. Les jeux Gran Turismo et Forza, dans lesquels elle figure depuis 1997, ont achevé de la faire connaître à des joueurs nés après sa production.

Toyota a fini par exploiter cet héritage : la Toyota 86 de 2012, développée avec Subaru, reprend l’appellation, la propulsion et la philosophie de légèreté de la Hachi-Roku, et sa remplaçante GR86 de 2021 poursuit la lignée. En 2023, la marque Toyota a même présenté des prototypes de restauration au Salon de Tokyo, signe que la Hachi-Roku reste une référence interne, au premier plan de sa communication. Cette notoriété a une conséquence directe sur le marché : la cote a quadruplé en dix ans, et les faux, répliques et conversions se sont multipliés.

Combien coûte une Toyota Sprinter Trueno en 2026 ?

Déclinaison et étatPrix constatés
Européenne à hayon, état correct18 000 à 30 000 euros
Jumelle nippone, finition supérieure30 000 à 45 000 euros
GTV ou 1600 dépouillée, d’origine35 000 à 50 000 euros
Finition supérieure, kouki, Panda, d’origine45 000 à 70 000 euros
Réplique du manga bien faite35 000 à 55 000 euros
Black Limited authentique80 000 à 120 000 euros
AE85 1500, malle ou hayon12 000 à 22 000 euros

Le prix d’une Hachi-Roku dépend d’abord de l’authenticité : une véritable Hachi-Roku à 4A-GE d’origine, jamais accidentée, avec ses documents d’exportation, vaut deux à trois fois plus qu’une AE85 convertie ou qu’une voiture au passé de course. Les kouki en finition supérieure, en livrée Panda, sont au sommet, et la Black Limited atteint des montants dignes d’une Porsche. Les européennes, homologuées et à volant à gauche, restent les plus accessibles, mais leur rareté croissante dans l’Hexagone pousse aussi leur cote.

Le marché est mondial : les USA, où la voiture est importable sans restriction depuis longtemps, et l’Australie absorbent une grande partie des exemplaires nippons, ce qui raréfie l’offre en Europe. Un historique complet, avec factures, carnet et feuille d’enchère, ajoute 10 à 20 % ; une mécanique remplacée par un 4A-GE à vingt soupapes ou par un bloc moderne en retire autant, quelle que soit la qualité de la préparation.

Que vaut la Hachi-Roku face à ses rivales ?

Sur le marché des propulsions compactes des années 1980, la Hachi-Roku n’est pas seule : la Nissan Silvia S13 de 1988, plus lourde mais plus puissante avec son CA18DET, la BMW 318is E30 à quatre cylindres seize soupapes, la Mazda MX-5 de 1989, plus moderne, et la Honda CRX, traction mais tout aussi vive, se disputent les mêmes amateurs. La Toyota se distingue par son âge, sa production courte en 4A-GE et son aura, ce qui explique une cote deux fois supérieure à celle d’une 318is ou d’une MX-5 comparable, pour des performances voisines.

ModèleMécaniquePuissanceMasseCote 2026 d’un exemplaire d’origine
Toyota Sprinter Trueno4A-GE 1.6 16 soupapes130 chevaux950 kilos35 000 à 70 000 euros
Nissan Silvia S13CA18DET 1.8 turbo175 chevaux1 180 kilos20 000 à 35 000 euros
BMW 318is E30M42 1.8 16 soupapes136 chevaux1 100 kilos15 000 à 30 000 euros
Mazda MX-5 NAB6 1.6 16 soupapes115 chevaux955 kilos10 000 à 20 000 euros
Honda CRX ED9D16 1.6 16 soupapes130 chevaux900 kilos12 000 à 22 000 euros
Arrière d'une Hachi-Roku en finition supérieure avec le badge Twin Cam 16
Le badge Twin Cam 16 signale le 4A-GE à seize soupapes ; la finition supérieure ajoute les feux fumés et le becquet de hayon.

Où trouver une Hachi-Roku : annonces, importation et pièges ?

La recherche d’une Hachi-Roku passe par trois canaux. Les importateurs européens spécialisés dans les youngtimers de l’archipel, installés dans l’Hexagone, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, proposent des exemplaires déjà dédouanés et homologués, avec la feuille d’enchère. Les sites d’annonces généralistes regroupent les voitures disponibles chez les particuliers et les professionnels d’Europe ; sur ces plateformes, la fiche Toyota classe la Hachi-Roku à côté des Supra, MR2, Hilux, HiAce et RAV4, et il faut souvent chercher aussi sous « Corolla » pour ne pas manquer une européenne. Les exportateurs en ligne, comme www.beforward.jp ou carfromjapan.com, publient des centaines de fiches estampillées Made in Japan, avec le kilométrage, la note d’enchère et le prix FOB, mais sans voir la voiture avant l’expédition.

CanalPrix moyen d’une Hachi-Roku en finition supérieureAvantagesLimites
Importateur spécialisé50 000 à 65 000 eurosHomologuée, garantie, historique vérifiéLe plus cher, choix limité
Particulier en Europe40 000 à 55 000 eurosVoiture visible, négociation, immatriculéeRépliques et conversions fréquentes
Exportateur en ligne30 000 à 45 000 euros transport et taxes comprisChoix immense, exemplaires d’origineInvisible avant expédition, homologation à faire

Les annonces demandent une lecture attentive : la référence châssis figure sur la plaque constructeur dans le compartiment moteur et sur le numéro de série frappé sur la caisse, qui commence par AE86 pour les modèles nippons. Une voiture annoncée comme Trueno avec un numéro AE85 est une conversion ; un 4A-GE peut avoir été monté dans une Hachi-Go, mais la valeur n’est pas la même. Le type de transmission, le type de boîte, le kilométrage, la couleur d’origine et la finition doivent figurer dans l’annonce, et les informations manquantes sont un signal d’alerte ; le vendeur qui utilise des photos d’archives ou refuse une inspection est à écarter.

Pour l’importation en France, les modèles nippons passent par une réception à titre isolé à la DREAL, avec mise en conformité de l’éclairage et du compteur ; les européennes en sont dispensées. Une voiture de 1983 à 1987 a plus de trente ans et peut recevoir une carte grise de collection, qui simplifie l’immatriculation d’un véhicule importé et permet une assurance à valeur agréée, indispensable sur une youngtimer dont la cote grimpe chaque année. Le coût total d’une importation depuis le Japon, transport maritime, taxes douanières de 10 %, TVA à 20 % et réception, ajoute 30 à 35 % au montant de l’enchère.

Entretien, composants et préparations courantes

L’entretien d’une Hachi-Roku est simple et peu coûteux pour une youngtimer de cette cote : vidange tous les 5 000 kilomètres avec une huile semi-synthétique, bougies et filtres tous les 20 000 km, chaîne de distribution sans intervention périodique, liquide de frein tous les deux ans. Les composants mécaniques du 4A-GE, partagés avec des millions de compactes et de Celica, se trouvent chez Toyota ou chez les spécialistes ; les pièces de carrosserie propres au modèle, projecteurs escamotables, feux de queue, becquet, sièges, moulures, sont en revanche rares et se négocient à prix d’or entre collectionneurs.

Les préparations courantes sont connues : suspensions réglables, différentiel à disques, barre Panhard réglable, échappement, culasse à vingt soupapes des AE101 et AE111, ou échange complet contre un 4A-GE Blacktop de 165 chevaux. Ces modifications améliorent la voiture sur circuit mais diminuent sa cote de collection ; le marché paie aujourd’hui l’origine, et un exemplaire strictement d’usine, avec sa monte et son échappement, vaut davantage qu’une préparation soignée. Conserver les éléments d’origine déposés, même dans un carton, est un réflexe qui se rentabilise à la revente.

Que contrôler avant l’acquisition d’une Hachi-Roku ?

  1. L’authenticité : référence châssis sur la plaque constructeur et sur la caisse, numéro de bloc 4A-GE conforme, finition annoncée cohérente avec l’équipement (disques, différentiel, sièges).
  2. La corrosion : passages de roues, bas de caisse, plancher, supports de suspension et bac à batterie, points faibles d’une tôle de 1983 sans protection moderne.
  3. Le passé en course ou en glisse : renforts soudés, fixations d’arceau, pare-chocs remplacés, angle de braquage modifié, usure anormale du train postérieur.
  4. La mécanique : compression, fumée à chaud, bruit de la chaîne de distribution, état du T-VIS et de l’injection, jeu dans l’essieu et la barre Panhard.
  5. Les documents : feuille d’enchère et certificat d’exportation, carnet d’entretien, factures de restauration, photos avant remise en peinture.
  6. Les éléments d’origine : optiques escamotables, sièges, monte alliage et becquet, rares et chers, dont l’absence pèse sur la cote de revente.

Une expertise par un spécialiste des voitures japonaises est indispensable avant tout engagement. Les clubs de propriétaires, actifs dans l’Hexagone et en Belgique, connaissent la plupart des exemplaires en circulation et repèrent en quelques minutes une réplique, une conversion ou une caisse repeinte ; prendre contact avec eux avant l’acquisition évite les mauvaises surprises, et un exemplaire déjà connu du club se revend mieux.

Questions fréquentes sur la Hachi-Roku

Quelle différence entre AE85 et AE86 ?

L’AE85 reçoit le 3A-U de 1,5 litre à simple arbre à cames et 83 chevaux, l’AE86 Sprinter Trueno le 4A-GE de 1,6 litre à double arbre et seize soupapes de 130 chevaux ; caisse identique, mais freins, essieu et cote très différents.

La Sprinter Trueno a-t-elle été vendue en France ?

Pas sous cette appellation : la même voiture s’est vendue de 1984 à 1987 sous le nom de la compacte, en hayon à face avant de la jumelle et volant à gauche, avec le 4A-GE de 124 chevaux.

Combien vaut une Trueno AE86 ?

De 35 000 à 70 000 euros pour une nippone d’origine selon la finition et l’état, 18 000 à 30 000 euros pour une européenne, et plus de 80 000 euros pour une Black Limited.

Pourquoi la Hachi-Roku est-elle si populaire ?

Une propulsion légère, un châssis pédagogique, une carrière en course et en glisse, puis le manga et les jeux vidéo, qui ont fait de la Trueno blanche et noire une icône mondiale.

Peut-on rouler tous les jours avec une Hachi-Roku ?

Oui, la mécanique est robuste et sobre, mais la cote actuelle, la rareté des éléments de caisse et le risque de vol incitent la plupart des propriétaires à un usage de loisir.

Ce qu’il faut retenir

  • Toyota Sprinter Trueno AE86 : propulsion compacte produite de 1983 à 1987, 4A-GE de 1,6 litre et 130 chevaux, 900 à 970 kilos, jumelle de la Levin à optiques fixes.
  • Vendue en Europe sous une appellation différente, plus abordable et homologuée ; la Trueno nippone à phares escamotables est la plus cotée.
  • Cote 2026 : 35 000 à 70 000 euros pour une Trueno d’origine, 18 000 à 30 000 euros pour une européenne, 80 000 euros et plus pour une Black Limited.
  • Avant l’acquisition : référence châssis, conversion AE85, corrosion, passé en glisse, documents d’exportation, expertise par un spécialiste.

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