Le régulateur de vitesse, ou simplement régulateur, est une aide à la conduite qui maintient automatiquement la vitesse programmée par le conducteur, sans action sur les gaz. Apparu aux États-Unis sous le nom de cruise control, il équipe aujourd’hui la quasi-totalité des véhicules neufs, souvent associé à un limiteur de vitesse.
Cet article explique le fonctionnement du régulateur de vitesse, la différence avec le second système, la manière d’utiliser le régulateur de vitesse et de le désactiver, ses avantages et ses limites, son effet sur la consommation de carburant, et les possibilités d’installer un régulateur de vitesse sur une voiture qui n’en a pas, ainsi que quelques conseils. Cet article s’adresse à tout conducteur ; il ne remplace pas la notice du véhicule.
Qu’est-ce qu’un régulateur de vitesse et comment fonctionne-t-il ?
Le régulateur de vitesse est un système qui agit sur les gaz à la place du conducteur, à partir d’une consigne, pour conduire le véhicule à vitesse stable ; ce système équipe les voitures depuis les années 1960. Une fois la vitesse souhaitée programmée, le calculateur moteur compare en permanence la vitesse du véhicule à la consigne et corrige l’ouverture du papillon des gaz pour maintenir une vitesse constante.
Le fonctionnement repose sur trois éléments, quel que soit le type de véhicule : le capteur de vitesse, le calculateur qui traite l’information, et la commande d’accélération. Sur les modèles anciens, un câble ou une capsule à dépression tirait sur le papillon ; sur les véhicules actuels, tout passe par le calculateur du moteur, qui est aussi utilisé pour l’injection, ce qui explique que le régulateur de vitesse soit devenu un simple logiciel activé en usine.
Les régulateurs de vitesse se désactivent automatiquement dès que le conducteur appuie sur la pédale de frein ou débraye, une simple pression sur l’une ou l’autre suffisant, en cas de patinage détecté par le contrôle de stabilité, et généralement en dessous de 30 ou 40 km/h. Le régulateur de vitesse adaptatif, plus récent, ajoute un radar qui mesure les distances avec le véhicule qui précède, par exemple sur autoroute, et adapte la vitesse pour maintenir une distance de sécurité.
Quelle différence avec le limiteur de vitesse ?
| Système | Ce qu’il fait | Situation d’utilisation |
|---|---|---|
| Régulateur de vitesse | Maintient la vitesse sans que le conducteur touche aux gaz | Grands axes dégagés, trafic fluide |
| Limiteur | Empêche de dépasser une limite programmée, le conducteur accélère lui-même | Ville, zones à limitations de vitesse changeantes, radars |
| Régulateur adaptatif | Régule la vitesse et la distance avec le véhicule devant | Trafic chargé, embouteillages sur certaines versions |
La différence tient au rôle du conducteur. Avec le régulateur de vitesse, le véhicule roule seul à la consigne ; avec le limiteur de vitesse, le conducteur garde le pied sur l’accélérateur et le dispositif empêche seulement de dépasser la limite choisie. Il se force en enfonçant la pédale d’accélérateur à fond, en une seconde, ce que le code de la route autorise pour un dépassement d’urgence, la seule partie du fonctionnement où la sécurité prime sur la consigne ; le régulateur de vitesse, lui, se désactive au freinage.
Les deux fonctions sont généralement réunies sur les mêmes commandes, sous le nom de pack régulateur-limiteur, au volant ou sur une manette, avec un bouton pour choisir le mode, et les mêmes systèmes permettent de passer de l’un à l’autre en marche. C’est le sens de l’expression pack régulateur-limiteur employée par les constructeurs pour désigner l’ensemble.

Comment se sert-on du régulateur de vitesse ?
- Atteindre la vitesse souhaitée avec la pédale d’accélérateur, là où elle peut être maintenue
- Activer le système avec le bouton marche des commandes, généralement marqué d’un pictogramme de compteur
- Appuyer sur SET pour mémoriser la vitesse du moment : la vitesse programmée s’affiche au tableau de bord
- Relâcher la pédale ; le système tient la consigne
- Ajuster la consigne avec les touches + et −, par pas de 1 ou 5 selon les voitures
- Freiner ou débrayer pour désactiver ; RES reprend la dernière vitesse mémorisée
- Couper le système avec le bouton arrêt à la fin de l’utilisation
Quelques conseils d’utilisation, valables pour tous les types de régulateurs. Le système convient aux grands axes dégagés, en trafic fluide et par temps sec, et se coupe sur route sinueuse, sous la pluie, sur chaussée glissante et dans un trafic dense, où le conducteur doit garder le contrôle direct de la conduite. Sur une transmission manuelle, un changement de rapport le désactive sur la plupart des véhicules ; en automatique, il reste actif et la boîte de vitesses gère seule les rapports, comme la boîte de vitesses à double embrayage.
Attention à la somnolence : à vitesse constante, sans action sur les pédales, la vigilance baisse, et la conduite avec régulateur demande la même concentration que la conduite sans. Les constructeurs recommandent de rester prêt à freiner.
Dans quelles situations utiliser le régulateur de vitesse ?
| Contexte de conduite | Régulateur de vitesse | Limiteur de vitesse |
|---|---|---|
| Autoroute dégagée, trafic fluide | Oui, c’est son domaine | Inutile |
| Route à 80 km/h avec radars | Oui si le trafic le permet | Oui |
| Ville et zones à 30 km/h | Peu adapté | Oui, le plus utile |
| Pluie, neige, chaussée glissante | À désactiver | Possible |
| Route sinueuse ou de montagne | À désactiver | Possible |
| Trafic dense, embouteillages | Seulement en version adaptative | Possible |
La règle tient en une phrase : le régulateur de vitesse convient quand la vitesse du véhicule peut rester constante pendant plusieurs minutes, le second dès qu’elle change souvent. Dans le doute, le conducteur garde la conduite manuelle du véhicule, et l’un de ces deux systèmes reste toujours à sa disposition pour un dépassement ou un freinage d’urgence.
Avantages et inconvénients du régulateur de vitesse
- Respecter la limite de vitesse sans surveiller le compteur, et éviter l’excès de vitesse involontaire
- Réduire la fatigue sur un long parcours, sur tous les véhicules, un point fort cité par les conducteurs de véhicules équipés
- Réduire la consommation sur route plate, grâce à une accélération plus régulière que celle d’un conducteur
- Sur les régulateurs de vitesse adaptatifs, maintenir automatiquement les distances de sécurité
- Une dépense supérieure sur les routes vallonnées, où le système accélère fort en montée pour tenir la consigne
- Un temps de réaction allongé, le pied n’étant pas sur la pédale d’accélérateur
- Une perte de vigilance sur les longs parcours
Sur la consommation de carburant, la réponse dépend donc du relief et du mode de conduite. Sur une route plate, le régulateur de vitesse fait gagner 3 à 5 % de carburant par rapport à une conduite manuelle. Sur une route de montagne, un conducteur attentif consomme moins en anticipant les montées et en laissant la vitesse baisser légèrement.
Régulateur de vitesse et code de la route
Le régulateur de vitesse ne dispense pas le conducteur de sa responsabilité, quel que soit le véhicule. En cas d’excès de vitesse constaté, c’est bien le conducteur qui est sanctionné, même si la consigne était erronée. Le code de la route impose de rester maître de son véhicule dans toutes les conditions de conduite, ce qui suppose de désactiver le régulateur de vitesse dès que les conditions de circulation l’exigent. Les régulateurs de vitesse ne lisent pas les panneaux et ne permettent pas de se dispenser du code, sauf sur les modèles récents équipés d’une caméra de reconnaissance des limitations de vitesse, qui proposent alors d’adapter la consigne à la limitation de vitesse en vigueur.
Installer un régulateur de vitesse sur une voiture qui n’en a pas
Si le véhicule est sorti d’usine sans régulateur de vitesse mais que le modèle existe avec cette fonction, l’activation se fait souvent par le concessionnaire : montage de la commande au volant ou de la manette, puis codage du calculateur. Comptez 150 à 400 euros pour la commande et le codage, les fonctions étant déjà présentes dans le calculateur. C’est le cas de nombreux véhicules Volkswagen, Peugeot, Citroën ou Renault des années 2005 à 2020.
Si le modèle n’a jamais été proposé avec cette fonction, ou s’il est trop ancien pour avoir une commande électronique, il existe des kits universels de régulateur de vitesse, entre 200 et 500 euros, installés par un électricien automobile. Le résultat est correct sur une voiture à commande électronique, plus aléatoire sur une voiture à câble où un actionneur mécanique est installé en plus. Sur une boîte manuelle, le kit doit être relié au contacteur de débrayage pour se couper, une question de sécurité à ne pas négliger.
Questions fréquentes sur le régulateur de vitesse
Le régulateur de vitesse freine-t-il dans les descentes ?
Le régulateur classique agit uniquement sur les gaz : dans une descente, la vitesse peut dépasser la consigne. Certains régulateurs de vitesse rétrogradent en automatique ou utilisent la retenue du moteur ; les régulateurs de vitesse adaptatifs récents freinent réellement.
Peut-on se servir du régulateur de vitesse en ville ?
C’est possible mais peu utile, la vitesse changeant sans cesse. Pour la ville, le bon type d’aide n’est pas le régulateur de vitesse, le limiteur de vitesse convient mieux : il bloque à 50 km/h ou 30 km/h tout en laissant le conducteur accélérer et ralentir librement.
Pourquoi mon régulateur de vitesse ne s’active-t-il pas ?
Les causes fréquentes sont une vitesse trop basse, un contacteur de pédale de frein défectueux, un défaut du contrôle de stabilité ou un voyant moteur allumé. Un contacteur de freins, la panne la plus courante, coûte quelques dizaines d’euros.




