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Annulation du Permis de Conduire : Causes, Délais et Repassage

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Personne tenant une lettre officielle dans une chemise cartonnée

Une annulation du permis de conduire supprime le titre : il ne s’agit pas d’une mise entre parenthèses mais d’une disparition, et il faut repasser l’examen pour conduire de nouveau. Deux mécanismes très différents y mènent : l’invalidation du permis de conduire pour solde de points nul, et l’annulation judiciaire prononcée par un juge. Voici ce qui les distingue, les délais d’interdiction, et le parcours pour obtenir un nouveau permis de conduire.

Annulation, invalidation, suspension : quelle différence ?

SuspensionInvalidationAnnulation judiciaire
Qui décidePréfet ou tribunalMinistère de l’intérieurTribunal
CauseUne infraction graveSolde de points tombé à zéroUn délit routier
Le titreConservé, inutilisableSuppriméSupprimé
Durée6 mois à 3 ansInterdiction de 6 mois à 1 anInterdiction jusqu’à 3 ans
Repasser l’examenNonOui, code seul ou code et conduiteOui, code et conduite
Visite médicaleAu-delà d’un moisObligatoireObligatoire

Dans le langage courant, invalidation et annulation se confondent. En droit, l’invalidation est une décision administrative liée au solde de points, l’annulation judiciaire une peine prononcée par un juge. Les conséquences diffèrent surtout sur ce qu’il faut repasser.

La suspension, elle, laisse le titre intact. Son fonctionnement est développé dans notre article sur la suspension du permis de conduire.

L’invalidation pour solde de points nul

Le solde de points tombé à zéro

  • un permis de conduire ordinaire donne droit à douze points ;
  • un permis probatoire n’en compte que six la première année ;
  • chaque infraction au code de la route retire de un à six points au conducteur ;
  • les retraits s’accumulent tant qu’aucun délai de reconstitution n’est atteint ;
  • le solde est consultable en ligne sur le site des services de l’État, avec un code personnel adressé par voie postale après une infraction.

La notification par lettre recommandée

  • l’invalidation du permis de conduire est notifiée par une lettre recommandée du ministère de l’intérieur ;
  • elle prend effet à la date de réception, ou à la date du premier passage du facteur en cas de refus du pli ;
  • vous avez dix jours pour remettre le titre à la préfecture ;
  • conduire après cette date constitue un délit, passible de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende ;
  • aucune tolérance n’est accordée au motif que le pli n’aurait pas été retiré.

Le délai d’interdiction

  • Six mois dans le cas ordinaire, à compter de la remise du titre ;
  • Un an si une précédente invalidation est intervenue dans les cinq années précédentes ;
  • ce délai court à partir de la restitution effective, pas de la notification : tarder à rendre le titre revient à repousser d’autant la date de sortie ;
  • aucune des démarches possibles ne permet de l’abréger, et la préfecture n’a pas ce pouvoir.
Magistrat signant des documents à son bureau, marteau d’audience au premier plan
L’annulation judiciaire est une peine : elle figure au casier et impose de repasser les deux épreuves, quelle que soit l’ancienneté du permis.

L’annulation judiciaire

Les infractions concernées

  • conduite sous l’empire d’un état alcoolique caractérisé, notamment en récidive ;
  • conduite après usage de stupéfiants ;
  • récidive de grand dépassement de la vitesse maximale autorisée, au-delà de 50 km/h ;
  • délit de fuite après un accident ;
  • homicide ou blessures involontaires commis au volant ;
  • conduite malgré une suspension ou une invalidation antérieure.

La durée de l’interdiction

  • fixée par le juge, jusqu’à trois ans dans le cas général ;
  • portée à dix ans en cas d’homicide involontaire, avec possibilité d’interdiction définitive ;
  • prononcée à titre de peine complémentaire, elle figure au casier judiciaire ;
  • elle court à compter du caractère définitif de la décision, une fois les voies d’appel épuisées.

Une annulation judiciaire impose systématiquement de repasser l’examen, épreuve théorique et épreuve pratique, quelle que soit l’ancienneté du permis de conduire annulé. Le conducteur repart de zéro.

Que faire à réception de la notification ?

  1. Notez la date de réception : elle commande tous les délais qui suivent.
  2. Remettez le titre à la préfecture dans les dix jours, contre récépissé.
  3. Conservez ce récépissé, il établit le point de départ du délai d’interdiction.
  4. Prenez rendez-vous chez un médecin agréé, les délais atteignant plusieurs semaines.
  5. Réservez les tests psychotechniques auprès d’un psychologue agréé.
  6. Prévenez votre assureur : cette obligation de déclaration vaut aussi pour les véhicules dont vous n’êtes pas le seul conducteur.
  7. Organisez votre mobilité pour la période d’interdiction : transports, covoiturage, ou véhicule sans permis.

Sur ce point précis, un quadricycle léger reste conduisible sans permis de conduire, sous réserve du permis AM pour les personnes nées après 1988. Le financement de ce type de véhicule est détaillé dans notre article sur la LOA d’une voiture sans permis.

Peut-on contester une annulation du permis de conduire ?

Le recours contre une invalidation

  • recours gracieux auprès du ministère de l’intérieur, sans effet suspensif ;
  • recours devant le tribunal administratif, dans un délai de deux mois à compter de la notification ;
  • les moyens qui prospèrent portent sur la procédure : absence d’information préalable du conducteur sur le retrait de points lors d’une infraction antérieure, ou irrégularité dans une notification ;
  • l’argument tiré de la nécessité de conduire pour travailler n’a aucune portée à ce stade.

L’appel d’une annulation judiciaire

  • appel dans les dix jours suivant le jugement ;
  • l’appel suspend l’exécution de la peine complémentaire, mais pas une éventuelle suspension administrative en cours ;
  • un pourvoi en cassation reste possible ensuite, sur les seuls points de droit ;
  • l’assistance d’un conseil est vivement recommandée à ce stade.

Comment repasser son permis de conduire ?

La visite médicale

  • consultation chez un médecin agréé, à choisir sur la liste publiée sur le site de la préfecture ;
  • tarif de 36 euros, non remboursé ;
  • prise de sang systématique sur les dossiers liés à l’alcool ou aux stupéfiants ;
  • avis médical remis à l’issue, sans lequel aucune inscription n’est possible ;
  • en cas d’avis négatif, un second examen devant la commission médicale reste ouvert, à la fin de la procédure.

Les tests psychotechniques

  • obligatoires après toute annulation ou invalidation ;
  • réalisés par un psychologue agréé, en quarante minutes environ ;
  • portant sur les réflexes, la coordination et l’attention ;
  • tarif de 90 à 150 euros, non remboursé ;
  • leur résultat accompagne l’avis médical dans le dossier d’inscription.

Le code de la route et la conduite

  • Permis détenu depuis trois ans ou plus, invalidation : l’épreuve théorique seule suffit, à condition de solliciter un nouveau permis dans les neuf mois suivant la remise du titre ;
  • Permis détenu depuis moins de trois ans : épreuve théorique et épreuve pratique ;
  • Annulation judiciaire : épreuve théorique et épreuve pratique dans tous les cas ;
  • Au-delà des neuf mois : la dispense d’épreuve pratique est perdue, même pour un permis ancien.

Ce délai de neuf mois est le piège le plus coûteux de toute la procédure. Beaucoup l’ignorent, laissent passer l’échéance, et se retrouvent à financer trente heures de conduite qu’ils auraient pu éviter. Bon à savoir, ce délai figure sur le récépissé de remise du titre : vous devez le surveiller vous-même, aucune relance ne vous parviendra.

Combien coûte un permis de conduire à repasser ?

  • visite médicale chez un médecin agréé : 36 euros ;
  • tests psychotechniques : 90 à 150 euros ;
  • inscription et formation au code de la route : 100 à 350 euros ;
  • épreuve théorique : 30 euros par passage ;
  • heures de conduite si l’épreuve pratique est exigée : 900 à 1 800 euros ;
  • frais de dossier de l’auto-école : 50 à 150 euros.

Comptez 300 à 600 euros pour une invalidation avec dispense d’épreuve pratique, et 1 500 à 2 300 euros dans le cas contraire. Le budget détaillé figure dans notre article sur le prix du permis de conduire.

Le permis probatoire après une annulation

Un nouveau permis de conduire obtenu après une annulation ou une invalidation est délivré avec six points, et non douze. Il est assorti d’une période probatoire de trois ans, ramenée à deux ans si la formation a comporté un apprentissage anticipé de la conduite.

Pendant cette période, la moindre infraction retirant trois points ou plus impose un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Autrement dit, un conducteur qui vient de repasser son permis se retrouve dans la situation d’un jeune conducteur, avec la même marge d’erreur réduite.

Quelles conséquences sur l’assurance automobile ?

La déclaration à l’assureur est obligatoire, dans un délai de quinze jours en général. L’omettre expose à la nullité du contrat en cas de sinistre ultérieur, ce qui laisse l’intégralité des dommages à votre charge.

L’assureur peut résilier le contrat ou majorer la cotisation, jusqu’à 150 % après une annulation liée à l’alcool. Vous relevez ensuite du marché des conducteurs résiliés pendant deux à trois ans, avec des tarifs nettement plus élevés et des garanties parfois réduites.

Questions fréquentes

Peut-on conduire avec un permis étranger après une annulation ?

Non. L’interdiction porte sur le droit de conduire en France, quel que soit le titre détenu. Conduire avec un permis étranger pendant la période d’interdiction constitue le même délit, et le titre étranger peut être invalidé sur le territoire.

Le stage de sensibilisation évite-t-il l’invalidation ?

Seulement s’il est suivi avant que le solde n’atteigne zéro. Une fois la notification adressée, aucun stage ne rétablit les points : la décision est prise et le délai d’interdiction court.

Que devient le permis annulé, physiquement ?

Le titre est remis à la préfecture contre récépissé et détruit. Aucune restitution n’est prévue au terme du délai : c’est un nouveau titre qui vous est délivré après réussite aux épreuves.

Une annulation apparaît-elle sur le casier judiciaire ?

Une annulation judiciaire y figure, puisqu’il s’agit d’une peine. Une invalidation administrative pour solde nul n’y apparaît pas, mais elle est enregistrée au fichier national des permis de conduire, consulté à chaque contrôle.

En résumé

L’annulation du permis de conduire supprime le titre, contrairement à la suspension. Elle résulte soit d’une invalidation du permis de conduire pour solde de points nul, notifiée par lettre recommandée, soit d’une décision judiciaire prononcée pour un délit routier. L’interdiction de solliciter un nouveau permis va de six mois à trois ans, et jusqu’à dix ans dans les cas les plus graves.

Deux points décident du coût de la sortie. Remettez le titre à la préfecture sans tarder, le délai d’interdiction ne courant qu’à partir de là. Et si votre permis avait plus de trois ans, déposez votre dossier dans les neuf mois suivant cette remise : passé ce délai, vous perdez la dispense d’épreuve pratique, et la facture est multipliée par cinq.

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