En assurance auto, la franchise est la somme restant à votre charge en cas de sinistre : l’assureur indemnise le dommage, moins ce montant. C’est l’élément qui explique pourquoi deux contrats d’assurance auto affichant le même prix ne se valent pas, et pourquoi une assurance auto bon marché peut coûter très cher le jour d’un accident. Cet article détaille le fonctionnement de la franchise en assurance auto, les montants pratiqués par les assureurs en France, les types existants et la façon de choisir la sienne selon son profil.
Qu’est-ce qu’une franchise en assurance auto ?
En assurance auto, la franchise est une participation financière de l’assuré, prévue au contrat d’assurance et déduite de l’indemnisation. Son principe est simple : elle évite que l’assureur traite des dossiers à quelques dizaines d’euros, et elle responsabilise le conducteur. En contrepartie, plus elle est élevée, plus la prime d’assurance baisse.
Elle n’est jamais unique. Un contrat d’assurance auto en comporte une par poste couvert : dommages tous accidents, vol, vitrages. Toutes existent dans les conditions particulières de l’assurance, et c’est le seul endroit où il faut les lire avant de signer. Un assuré qui ne les a jamais lues découvre le montant au comptoir du garage, le jour où il faut payer.
Comment fonctionne la franchise après un sinistre
Le mécanisme se comprend mieux avec un exemple. Votre véhicule subit 1 800 € de réparations après un accident responsable, avec une somme de 400 € à votre charge : l’assurance auto verse 1 400 €, vous réglez le reste au garage. Si le devis n’atteint que 350 €, l’indemnisation est nulle et vous réglez tout.
- Dommage de 1 800 €, franchise de 400 € : l’assureur paie 1 400 €
- Dommage de 350 €, franchise de 400 € : rien n’est versé
- Dommage de 6 000 €, franchise de 400 € : l’assureur paie 5 600 €
Autre point mal connu : en assurance auto, cette somme s’applique par sinistre et non par an. Trois accidents dans l’année signifient trois fois le même montant à sortir, quelle que soit l’assurance.
Les différents types de franchise
La franchise absolue
C’est le type le plus répandu en assurance auto. Le montant est toujours déduit de l’indemnisation, quel que soit le coût du dommage : 300 € sur une réparation de 2 000 € laissent 1 700 € pour l’assureur.
La franchise relative
Ce type, plus rare, fonctionne comme un seuil : si le dommage dépasse le montant prévu, l’assurance indemnise l’intégralité des dégâts ; en dessous, elle ne verse rien. Avec un seuil de 500 €, un dommage de 600 € est remboursé en totalité.
La franchise proportionnelle
Elle s’exprime en pourcentage du dommage, encadré par un minimum et un maximum : 10 % du montant, plancher de 200 €, plafond de 800 €. Les assurances l’appliquent surtout au vol et aux véhicules de valeur importante.
Les franchises majorées
Certains contrats d’assurance auto prévoient un montant plus élevé dans des cas précis : conducteur novice, prêt du volant, accident de nuit, ou conducteur ayant déjà déclaré plusieurs dossiers. Cette majoration se repère dans les conditions particulières, jamais dans le tarif affiché par l’assurance.

Le montant des franchises en assurance auto
Les montants varient selon l’assureur, la formule choisie et le profil du conducteur. Voici, à titre d’exemple, les ordres de grandeur constatés sur le marché de l’assurance auto en France, pour une voiture de gamme moyenne.
| Garantie | Franchise courante | Remarque |
|---|---|---|
| Dommages tous accidents | 250 à 800 € | La plus utilisée, et la plus coûteuse |
| Vol du véhicule | 300 € ou 10 % de la valeur | Souvent proportionnelle |
| Incendie | 200 à 500 € | Parfois alignée sur le vol |
| Bris de glace | 0 à 120 € | Nulle en cas de réparation d’impact |
| Catastrophe naturelle | 380 € | Fixée par l’État, non négociable |
| Garantie du conducteur | 0 à 10 % du dommage | À vérifier de près |
La catastrophe naturelle est le seul cas qu’une assurance auto ne peut pas modifier : le montant est fixé par arrêté, à 380 € pour un véhicule à moteur. Tous les autres se négocient à la souscription du contrat.
Quand la franchise s’applique-t-elle, et quand est-elle évitée ?
Tout dépend de la responsabilité établie dans l’accident. Le conducteur en tort règle toujours sa part. Les conducteurs qui ne sont pas en tort, en revanche, ne doivent rien dès lors que l’assureur adverse est identifié : la convention entre assureurs prend le relais et l’assuré est indemnisé en intégralité.
- Accident responsable : la franchise est due
- Accident sans tort avec tiers identifié : aucun montant à payer
- Tiers inconnu ou délit de fuite : somme due
- Choc sans tiers, animal ou obstacle : somme due
- Impact de pare-brise réparé plutôt que remplacé : montant souvent nul
Le partage de responsabilité, fréquent dans les accrochages de parking, donne un résultat intermédiaire : à 50 % de responsabilité, l’assureur indemnise la moitié du dommage et la franchise s’applique sur cette part. Bien remplir le constat amiable se joue précisément là.
Franchise élevée ou franchise basse : comment choisir ?
Le choix est un arbitrage entre une prime d’assurance annuelle et un risque ponctuel. Passer de 300 à 700 € fait généralement baisser la cotisation de 10 à 15 %, soit 60 à 150 € par an selon le contrat d’assurance. Le calcul est favorable tant que vous ne déclarez pas de sinistre responsable plus d’une fois tous les cinq ans.
- Franchise basse si votre budget ne supporte pas des frais imprévus de 700 €
- Franchise basse si vous roulez beaucoup en ville, là où les accrochages sont fréquents
- Franchise élevée si vous avez une épargne de précaution et peu de kilomètres
- Franchise élevée sur un véhicule ancien, dont les réparations resteront modestes
Le vrai conseil tient en une phrase : choisissez un reste à payer que vous pouvez sortir sans emprunter. Une assurance auto à 1 000 € de reste à charge, qui vous empêche de récupérer la voiture au garage, ne protège rien du tout.
L’assurance auto sans franchise est-elle intéressante ?
Certains contrats proposent une franchise nulle, ou son rachat contre quelques euros par mois. L’intérêt est réel dans deux situations : un conducteur novice, statistiquement plus exposé, et un véhicule récent dont la moindre réparation de carrosserie dépasse 1 000 €. Dans les autres cas, ce rachat coûte souvent plus cher sur cinq ans qu’il ne rapporte.
Attention aussi aux formules « sans franchise » qui ne concernent qu’une garantie, en général les vitrages, et laissent les dommages tous accidents à 500 €. La mention doit figurer poste par poste dans le contrat.
Comment réduire sa franchise ou son impact
- Négocier la somme au moment de signer le contrat d’assurance, ou à son renouvellement
- Choisir la réparation plutôt que le remplacement pour un impact de pare-brise
- Comparer plusieurs assurances auto à garanties égales, montants compris
- Souscrire l’option de rachat si le budget le permet
- Éviter de déclarer un petit dégât dont le coût avoisine le montant de la franchise
- Conserver un bon relevé d’information : un conducteur sans accident négocie mieux
Ce dernier point mérite un calcul : déclarer un dommage de 600 € avec 400 € de franchise rapporte 200 €, mais coûte un malus de 25 % pendant plusieurs années. Sur un contrat à 800 €, la hausse dépasse largement le gain.
Questions fréquentes sur la franchise en assurance auto
Qu’est-ce qu’une franchise en assurance auto ?
C’est la part du dommage qui reste à votre charge en cas de sinistre. En assurance auto, les assureurs déduisent ce montant de l’indemnisation versée.
Existe-t-il des cas sans franchise ?
Oui : quand le tiers en tort est identifié, vous ne payez rien. En revanche, un délit de fuite ou un choc sans tiers laisse les frais à votre charge, sauf option souscrite.
Peut-on choisir le montant de sa franchise ?
Oui, au moment de signer l’assurance auto, pour la plupart des postes couverts. Seul le cas de catastrophe naturelle, fixé à 380 €, échappe à ce choix.
Est-ce que la franchise s’applique quand la voiture est volée ?
Oui. Les assurances la calculent souvent en proportion, de l’ordre de 10 % de la valeur de la voiture, avec un minimum contractuel.
Est-ce que le dommage peut être inférieur à la franchise ?
Oui, et l’assureur ne verse alors rien : les réparations restent intégralement à votre charge. Mieux vaut ne pas déclarer ce genre de dossier, pour préserver le bonus.
Le bris de glace a-t-il toujours une franchise ?
Non. La plupart des contrats la suppriment quand l’impact est réparé au lieu d’être remplacé, ce qui coûte aussi moins cher à l’assureur.
Ce qu’il faut retenir
- La franchise est la somme restant à la charge de l’assuré après un sinistre
- Elle s’applique par dossier et par garantie, jamais une seule fois par an
- Montants courants : 250 à 800 € en dommages tous accidents, 380 € en catastrophe naturelle
- Aucune franchise en cas d’accident non responsable avec tiers identifié
- Une franchise élevée fait baisser la prime de 10 à 15 %
- Le montant se vérifie dans le contrat d’assurance auto, ligne par ligne
Ce budget mérite d’être calculé avant de signer. Pour aller plus loin, notre article sur l’assurance au tiers détaille les garanties de la formule minimale, et l’article consacré à l’assurance jeune conducteur explique pourquoi les franchises majorées visent surtout les profils novices.




