La Porsche 944 est la sportive allemande la plus accessible de sa génération, et sans doute la plus équilibrée. Produite de 1981 à 1991 à 162 452 exemplaires, elle repose sur un schéma technique rare : moteur quatre cylindres à l’avant, boîte de vitesses à l’arrière, répartition des masses proche de 51/49. De 163 ch en 1981 à 250 ch sur la Porsche 944 Turbo de 1988, la gamme couvre dix ans d’évolutions.
Cette page passe en revue le modèle : le contexte de sa création, le principe du transaxle, le moteur qui est un demi-V8 de 928, chaque version de la phase 1 à la S2 Cabriolet, la conduite, la cote actuelle en France et les points de contrôle avant l’achat.
Qu’est-ce que la Porsche 944 ?
La Porsche 944 est un coupé de sport du constructeur automobile allemand Porsche, produit de 1981 à 1991. Elle succède à la Porsche 924 et précède la Porsche 968. Le moteur essence est un quatre cylindres placé longitudinalement à l’avant, dans des cylindrées de 2 479 à 2 990 cm3, pour 163 à 290 ch selon la version.
| Donnée | Porsche 944 |
|---|---|
| Années de production | 1981-1991 (phase 1 : 1981-1985, phase 2 : 1985-1991) |
| Production | 162 452 exemplaires |
| Moteur | 4 cylindres essence, 2 479 à 2 990 cm3 |
| Position moteur | Longitudinale avant |
| Puissance | 163 à 290 ch |
| Transmission | Propulsion, boîte de vitesses à l’arrière |
| Masse à vide | 1 180 à 1 280 kg |
| Vitesse maximale | 220 à 260 km/h |
| 0 à 100 km/h | 9,6 à 5,7 s |
| Consommation mixte | 8 à 13 litres aux 100 km |
| Dimensions | 4 230 x 1 735 x 1 275 mm |

Pourquoi Porsche a-t-elle créé la 944 ?
Au début des années 1980, Porsche ne commercialise que trois modèles : la 911, et les deux voitures à moteur avant que sont la 924 et la 928. Ces dernières avaient pour mission de moderniser l’image vieillissante de la 911 et d’offrir un comportement routier plus équilibré, grâce à une meilleure répartition des masses.
La 924 souffrait d’un handicap : son bas-moteur venait d’Audi, ce qui expliquait son prix plus abordable mais nuisait à son image. La 944 corrige ce point avec un moteur entièrement Porsche de 2,5 litres et 163 ch, contre 125 ch à la 924. Elle remplace progressivement sa devancière au catalogue, la 924 étant tout de même produite jusqu’en 1988, ses dernières séries recevant le moteur de la 944 légèrement dégonflé.
Annoncée en juin 1981, la Porsche 944 est présentée en septembre au salon de l’automobile de Francfort, où la presse et le public la reçoivent très bien. La production démarre en novembre 1981. Le dessin est signé Anatole Lapine, également responsable de la 928 : la 944 hérite des lignes de la 924 avec un style plus sportif, ses ailes renflées rappelant celles de la 924 Carrera GT.
Comment fonctionne le transaxle de la 944 ?
Comme la 924 et la 928, la Porsche 944 dispose d’une transmission transaxle. Le moteur, à l’avant, est relié par un arbre à la boîte de vitesses logée à l’arrière, entre les roues motrices. Cette répartition des éléments mécaniques donne un équilibre de masses proche de 51/49 entre l’avant et l’arrière.
Le châssis dérive directement de celui de la 924, avec des suspensions et un système de freins améliorés. La carrosserie est galvanisée, ce qui réduit nettement les problèmes de corrosion : c’est l’un des grands atouts du modèle sur le marché des youngtimers aujourd’hui.
La suspension avant est de type MacPherson, avec triangles inférieurs, combinés ressorts et amortisseurs et barre antiroulis. À l’arrière, on trouve des bras obliques, des barres de torsion transversales, des amortisseurs télescopiques et, sur certains modèles en option, une barre antiroulis. La boîte de vitesses à cinq rapports se commande par un levier court, l’embrayage monodisque à sec étant à commande hydraulique.
Quel moteur équipe la Porsche 944 ?
Le quatre cylindres de la 944 est intégralement Porsche : c’est un demi-moteur de 928. Son inclinaison vient de là, puisqu’il s’agit littéralement du V8 de la 928 coupé en deux. L’équilibrage est assuré par deux arbres indexés en rotation, placés de chaque côté du bloc et entraînés par une courroie supplémentaire à double dentition.
L’injection est électronique, de type Bosch L-Jetronic. Le refroidissement liquide comprend un échangeur eau-huile qui abaisse directement la température de l’huile. La distribution, à arbres à cames en tête, utilise des poussoirs hydrauliques.
La cylindrée évolue de 2,5 litres à l’origine, puis 2,7 litres, puis 3 litres sur la 944 S2 et la 968. Avec ses trois litres, ce bloc était alors le plus gros quatre cylindres essence monté en série, toutes marques confondues. Le moteur encaisse plus de 300 chevaux, et les versions de base sont réputées endurantes tant que l’entretien est fait dans les règles.
Quelles versions de Porsche 944 existent ?
Les phases 1 et 2
La phase 1, de 1981 à 1984, reçoit le 2,5 litres à huit soupapes de 163 ch, produit à 64 486 exemplaires. La phase 2 prend le relais de 1985 à 1988, avec 47 014 voitures. Les jantes dites téléphone apparaissent sur la phase 2 à partir de 1985. Une version de 2 681 cm3 et 165 ch est proposée en 1988 et 1989, à 4 246 exemplaires.
Les 944 S et S2
La 944 S, produite de 1986 à 1988 à 7 324 exemplaires, adopte une culasse à seize soupapes sur la cylindrée de 2,5 litres, pour 190 ch. La 944 S2, de 1989 à 1991, porte le bloc à 2 990 cm3 avec seize soupapes et 211 ch, en 9 352 exemplaires. Les S2 et Turbo reçoivent une face avant spécifique, différente de celle des phases 1, 2 et de la S.
Les 944 Turbo et Turbo Cup
La Porsche 944 Turbo est présentée en février 1985 et lancée en juillet. Le moteur conserve la cylindrée de 2 479 cm3 et développe 220 ch, dans 17 627 exemplaires. En 1988, un nouveau turbo K26/8 porte la puissance à 250 ch. Cette version prend le nom de Turbo S, commercialisée sous l’appellation Cup en France, en série limitée à 1 000 exemplaires. À partir de 1989, toutes les 944 turbo développent 250 ch, pour un total de 3 788 voitures, auxquelles s’ajoutent 1 635 Turbo Cup et Turbo S de 1988.
Un kit racing porte la puissance à 290 ch, monté sur 37 exemplaires seulement. La Porsche 944 Turbo Cup a couru dans de nombreux championnats de sport automobile à travers le monde, et certaines étaient encore engagées en African 6H en 2013.
La 944 S2 Cabriolet
Le cabriolet arrive en 1989 sur la base de la S2, avec le 3 litres de 211 ch. Il est produit jusqu’en 1991 à 6 980 exemplaires. C’est la seule 944 découvrable de la gamme, et sa cote reflète cette singularité : la S2 Cabriolet se négocie régulièrement au-dessus d’un coupé équivalent.
| Modèle | Années | Cylindrée | Puissance | Exemplaires |
|---|---|---|---|---|
| 944 phase 1 | 1981-1984 | 2 479 cm3 | 163 ch | 64 486 |
| 944 phase 2 | 1985-1988 | 2 479 cm3 | 163 ch | 47 014 |
| 944 2,7 litres | 1988-1989 | 2 681 cm3 | 165 ch | 4 246 |
| 944 Turbo 220 | 1985-1988 | 2 479 cm3 | 220 ch | 17 627 |
| 944 S | 1986-1988 | 2 479 cm3 | 190 ch | 7 324 |
| 944 Turbo 250 | 1988-1991 | 2 479 cm3 | 250 ch | 3 788 |
| 944 Turbo Cup et S | 1988 | 2 479 cm3 | 250 ch | 1 635 |
| 944 S2 | 1989-1991 | 2 990 cm3 | 211 ch | 9 352 |
| 944 S2 Cabriolet | 1989-1991 | 2 990 cm3 | 211 ch | 6 980 |
| Total | 1981-1991 | 162 452 |
Que vaut la Porsche 944 sur route ?
L’équilibre est la première qualité de la 944. La répartition des masses obtenue par le transaxle donne une voiture neutre, prévisible, qui met en confiance là où une 911 de la même période demande davantage d’attention. La direction est précise, le châssis encaisse largement la puissance des versions atmosphériques.
Les performances s’échelonnent de 9,6 secondes de 0 à 100 km/h sur une phase 1 à 5,7 secondes sur une Turbo de 250 ch, pour des vitesses maximales de 220 à 260 km/h. La consommation reste raisonnable, entre 8 et 13 litres aux 100 km, ce qui autorise un usage plus régulier que sur beaucoup de sportives de l’époque.
Sur une Porsche 944 Turbo, le caractère change : le couple arrive fort, le châssis reste sain mais la voiture demande davantage d’anticipation. Pour une première Porsche à moteur avant, une phase 2 atmosphérique ou une S constitue un point d’entrée nettement plus facile à vivre au quotidien.
Quelle cote pour une Porsche 944 en France ?
La 944 a longtemps été la Porsche la moins chère du marché, ce qui lui a valu d’être malmenée. Les prix ont nettement remonté depuis une dizaine d’années, sans atteindre les niveaux d’une 911 de la même période. L’écart entre les versions est net.
- Phase 1 et phase 2 atmosphériques : l’entrée de gamme, encore accessible en bon état.
- 944 S de 190 ch : plus rare avec 7 324 exemplaires, elle reste sous-cotée.
- 944 S2 coupé : la plus aboutie des atmosphériques, avec le 3 litres de 211 ch.
- 944 Turbo et Turbo Cup : le haut du marché, en particulier les 250 ch et les séries limitées.
- 944 S2 Cabriolet : recherchée pour sa carrosserie découvrable, produite à 6 980 exemplaires.
Quels points contrôler avant l’achat ?
- La distribution : courroie de distribution et courroie d’équilibrage, avec leurs galets, à remplacer selon le plan d’entretien. C’est le poste critique du moteur.
- L’entretien documenté : sur ce modèle, un carnet complet vaut plus qu’un kilométrage faible.
- Le transaxle et son arbre, ainsi que la boîte de vitesses arrière et ses supports.
- Les amortisseurs et les barres de torsion arrière, souvent fatigués.
- La carrosserie : galvanisée, donc mieux protégée que la moyenne, mais les bas de caisse et les passages de roue restent à examiner.
- Sur une Turbo, la pression de suralimentation, l’échangeur et l’état du turbo K26.
Pour un véhicule de plus de trente ans, la carte grise peut basculer en catégorie collection. Notre page sur l’assurance d’une voiture de collection détaille les formules adaptées, et celle consacrée au contrôle technique d’une voiture de collection en précise la périodicité.
Questions fréquentes
Quelle est la Porsche 944 la plus puissante ?
La 944 Turbo de 250 ch, à partir de 1988, devant la Turbo de 220 ch. Un kit racing portait le moteur à 290 ch, mais il n’a été monté que sur 37 exemplaires.
La 944 est-elle une propulsion ?
Oui. Le moteur est à l’avant, la boîte de vitesses à l’arrière, et les roues motrices sont les roues arrière. C’est ce montage transaxle qui donne à la voiture son équilibre de masses.
Quelle différence entre la 944 et la 968 ?
La 968 remplace la 944 en 1991, sur la même base, avec une esthétique revue pour créer un air de famille avec la 928. Son moteur atmosphérique de 3 litres développe 240 ch grâce à la distribution variable Variocam.
Ce qu’il faut retenir
- Porsche 944 : coupé produit de 1981 à 1991 à 162 452 exemplaires, entre la 924 et la 968, dessiné par Anatole Lapine.
- Transmission transaxle : moteur avant, boîte de vitesses arrière, répartition des masses proche de 51/49.
- Moteur quatre cylindres Porsche, demi-V8 de 928, de 2 479 à 2 990 cm3 et de 163 à 250 ch de série.
- Versions : phase 1, phase 2, 2,7 litres, S, S2, S2 Cabriolet, Turbo 220, Turbo 250 et Turbo Cup.
- Carrosserie galvanisée, un avantage réel face à la corrosion.
- Point de contrôle prioritaire : la distribution, courroie d’équilibrage comprise.




