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Ferrari Testarossa : le douze cylindres à plat, les 512 TR et F512 M, la cote

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Ferrari Testarossa rouge vue de profil avec ses prises d air laterales

La Ferrari Testarossa est la supercar des années 1980. Présentée au Mondial de l’automobile de Paris en 1984, produite jusqu’en 1996 à 7 177 exemplaires, elle reste l’avant-dernière création approuvée par Enzo Ferrari avant la F40. Douze cylindres à plat de 4,9 litres en position centrale arrière, 390 puis 428 ch, 290 km/h, une carrosserie Pininfarina large de 1 976 mm : la Ferrari Testarossa a fixé pour toute une génération l’image de la voiture de sport italienne.

Cette page couvre l’ensemble du sujet : la carrosserie et son moteur douze cylindres, les évolutions 512 TR et F512 M, les modèles spéciaux, la place de la Ferrari Testarossa dans la culture populaire, la cote actuelle et les points à examiner avant d’acheter. Avec, à la fin, un mot sur la 849 Testarossa, qui reprend le nom en 2025.

Qu’est-ce que la Ferrari Testarossa ?

La Ferrari Testarossa est une voiture de sport du constructeur automobile italien Ferrari, dessinée par Pininfarina. Elle succède à la Ferrari 512 BB, dont elle reprend la base de châssis et de structure. Elle est fabriquée à l’usine Ferrari de Maranello, dans les usines Pininfarina de San Giorgio Canavese et chez Carrozzeria Scaglietti.

Son nom vient de la Ferrari 250 Testa Rossa à moteur V12 Colombo, la voiture de course de la Scuderia Ferrari des années 1950. Testa rossa signifie tête rouge en italien, en référence aux couvre-culasses peints en rouge. Le modèle reste, avec la F40, la dernière supercar de la marque à repousser les limites mécaniques sans recourir aux aides technologiques à la conduite qui se généralisaient alors.

DonnéeFerrari Testarossa
Années de production1984-1996
Production7 177 exemplaires
Moteur12 cylindres à plat, 4 943 cm3, essence, 48 soupapes
Position moteurCentrale arrière
Puissance390 ch, puis 428 ch sur la 512 TR
Couple491 Nm à 5 500 tr/min
TransmissionPropulsion, boîte de vitesses manuelle à 5 rapports
Masse à vide1 506 kg
Vitesse maximale290 km/h
0 à 100 km/h4,8 s
Consommation mixte15,6 l aux 100 km
Dimensions4 480 x 1 976 x 1 135 mm, empattement 2 550 mm
Monogramme testarossa sur la carrosserie rouge d'une Ferrari
Le monogramme en minuscules, apposé sur les célèbres lames latérales.

Que vaut la carrosserie de la Ferrari Testarossa ?

La carrosserie est dessinée par Pininfarina, sous la direction de Leonardo Fioravanti, avec Ian Cameron, Guido Campoli, Diego Ottina et Emanuele Nicosia. Elle est réalisée en aluminium léger, à l’exception des portes et du pavillon, et fabriquée en série par Scaglietti.

  • Des phares escamotables à l’avant, signature de la première série.
  • D’importantes entrées d’air de refroidissement latérales, placées dans les portières et les ailes arrière : les fameuses lames.
  • Un capot moteur arrière profilé en aileron, large de deux mètres, qui améliore la tenue de route à haute vitesse.
  • Un habitacle de coupé deux places, très sobre, habillé de cuir.
  • Un coefficient de traînée de 0,36.

Cette largeur de 1 976 mm, exceptionnelle pour l’époque, découle directement du refroidissement : les radiateurs sont déplacés sur les côtés, ce qui impose des voies arrière de 1 660 mm contre 1 518 mm à l’avant. C’est ce qui donne à la Ferrari Testarossa sa silhouette en coin, plus large à l’arrière qu’à l’avant.

Comment fonctionne le moteur douze cylindres à plat ?

Le moteur est une évolution du douze cylindres à plat de la 512 BB, lui-même dérivé des blocs de Ferrari 312 B et 312 T, plusieurs fois champions du monde de Formule 1 dans les années 1970. Il cube 4 943 cm3, reçoit 48 soupapes, soit quatre par cylindre, et un pot catalytique devenu obligatoire à partir de 1989.

Il s’agit d’un V12 à 180 degrés, et non d’un boxer au sens strict. Sur un vrai boxer, les pistons opposés se déplacent en opposition ; ici, chaque paire de cylindres opposés partage un large maneton, comme sur un six cylindres en ligne. Chaque banc de six cylindres est naturellement équilibré au premier et au second ordre, en force comme en couple.

Le décalage de 180 degrés entre les deux bancs produit un cycle d’allumage parfaitement régulier, tous les 60 degrés : le premier banc met à feu à 0, 120 et 240 degrés, le second complète à 180, 300 et 60 degrés. Cette architecture rend aussi le moteur sensiblement plus court qu’un boxer équivalent, un point décisif pour l’implantation en position centrale arrière.

  • 0 à 100 km/h en 4,8 s.
  • 400 mètres départ arrêté en 12,6 s.
  • Le km départ arrêté en 23,9 s, à plus de 230 km/h.
  • Vitesse de pointe de 290 km/h, deuxième voiture de série la plus rapide du monde à sa sortie, derrière la Lamborghini Countach et ses 295 km/h.

Quelles évolutions après la Ferrari Testarossa ?

Annoncée en France à 790 000 francs, ce qui en faisait la voiture de série la plus chère du monde à sa sortie, la Ferrari Testarossa connaît un succès commercial durable et deux évolutions majeures.

La Ferrari 512 TR (1992-1994)

Présentée au salon de l’automobile de Los Angeles, la Ferrari 512 TR reprend les initiales de Testa Rossa. L’aérodynamique est légèrement améliorée, la puissance passe à 428 chevaux et la vitesse de pointe à 313 km/h. C’est la version la plus aboutie sur le plan de la conduite, avec une position centrale du moteur abaissée et une boîte de vitesses au maniement adouci.

La Ferrari F512 M (1994-1996)

La F512 M, pour modifiée, clôt la série à 500 exemplaires. Les feux avant et arrière sont redessinés, les phares escamotables et la grille intégrale arrière disparaissent, les bielles et les pistons passent au titane, le freinage ABS devient de série. La puissance atteint 440 ch pour 315 km/h. C’est la plus rare et la plus recherchée des trois.

VersionPériodePuissanceVitesse maximale
Testarossa1984-1992390 ch290 km/h
512 TR1992-1994428 ch313 km/h
F512 M1994-1996440 ch315 km/h

Quels modèles spéciaux sur base de Testarossa ?

Le modèle a inspiré une longue série de concept cars, de séries spéciales et de répliques, chez les carrossiers italiens comme chez les préparateurs étrangers.

  • 1986 : Testarossa Spider Valeo, cabriolet unique de couleur argent, réalisé par Pininfarina pour Giovanni Agnelli.
  • 1988 : Testarossa F90 Speciale, concept car Pininfarina sur base de F512 M.
  • 1989 : Testa d’Oro, concept car du designer Luigi Colani.
  • 1989 : Ferrari Mythos, concept car Pininfarina produit à trois exemplaires.
  • 1993 : FZ93, concept car de Zagato sur base de 512 TR.
  • 1996 : Ferrari FX, concept car Pininfarina sur base de F512 M.
  • 512 M Koenig Specials : moteur biturbo de 1 000 chevaux, 340 km/h.

De nombreux exemplaires ont par ailleurs été transformés en cabriolets par des carrossiers indépendants, notamment Richard Straman aux États-Unis. Ces Testarossa Spider de conversion n’ont rien à voir avec le modèle unique d’Agnelli, et leur cote reste très inférieure à celle d’un coupé d’origine.

Comment se conduit une Ferrari Testarossa ?

Au volant, la Ferrari Testarossa surprend par sa largeur. Avec 1 976 mm hors tout et une visibilité arrière réduite par le capot en aileron, elle demande de la place et de l’anticipation en ville. Sur route ouverte, en revanche, l’équilibre est celui d’une grande routière rapide plutôt que celui d’une machine de circuit : la suspension filtre correctement et la stabilité à haute vitesse est excellente, précisément grâce à ce capot arrière large de deux mètres.

La direction est lourde à basse vitesse, sans assistance sur les premières séries, et la grille de boîte à cinq rapports demande de la méthode à froid. Les performances restent d’actualité : 4,8 s pour le 0 à 100 km/h et 290 km/h en pointe placent encore la Ferrari Testarossa au niveau de sportives contemporaines. La consommation, elle, appartient bien à son époque, avec 15,6 litres aux 100 km en cycle mixte et bien davantage en usage soutenu.

Les évolutions ont progressivement adouci ce caractère. Sur la 512 TR, le moteur est abaissé dans le châssis, la conduite gagne en précision et la commande de boîte devient plus fluide. Sur la F512 M, l’ABS de série et l’électronique de freinage rendent le véhicule plus rassurant pour un conducteur d’aujourd’hui. Pour une première Ferrari à douze cylindres, ces deux versions constituent le meilleur compromis entre le mythe et l’usage réel.

Ferrari Testarossa ou Lamborghini Countach ?

Les deux supercars italiennes des années 1980 se sont partagé les murs des chambres d’adolescents. La Lamborghini Countach, plus ancienne, culmine à 295 km/h et impose une position de conduite extrême, une visibilité quasi nulle et des portes en élytre. La Ferrari Testarossa, plus tardive, mise sur un usage plus civilisé : habitacle en cuir, coffre exploitable, moteur douze cylindres souple à bas régime.

Sur le plan de la conduite, la Ferrari est la plus utilisable des deux, et de loin. La Lamborghini reste la plus spectaculaire. Sur le marché des voitures de sport de collection, la Countach a longtemps devancé la Ferrari Testarossa en prix, mais l’écart se resserre au profit des versions rares du modèle de Maranello, en particulier la F512 M.

Pourquoi la Ferrari Testarossa est-elle si populaire ?

Peu de voitures ont autant marqué la culture populaire. La Ferrari Testarossa blanche de Sonny Crockett, joué par Don Johnson dans la série Deux flics à Miami, a fait plus pour l’image du modèle que n’importe quelle campagne. La production avait d’abord utilisé une réplique de 365 Daytona pendant deux saisons avant de passer à la vraie Ferrari.

Le modèle apparaît ensuite dans des dizaines de films, de Ghost à Rocky 5, de La Cité de la peur à 60 secondes chrono, et une 512 TR figure dans Le Loup de Wall Street. Elle traverse aussi les mangas, avec Nicky Larson, et les jeux vidéo. Cette omniprésence explique qu’une voiture produite à 7 177 exemplaires soit reconnue par des gens qui n’en ont jamais vu une de près.

Quelle place la Testarossa occupe-t-elle chez Ferrari ?

Dans la lignée des Ferrari à moteur central arrière, la Ferrari Testarossa occupe une position charnière. Elle succède à la Ferrari 512 BB, la Berlinetta Boxer, dont elle reprend le châssis, et elle est remplacée en 1996 par la Ferrari 550 Maranello, qui ramène le moteur à l’avant. Entre les deux, elle a été la voiture de sport de grande série de la marque pendant douze ans.

Elle est aussi l’avant-dernier modèle approuvé par Enzo Ferrari, disparu en 1988, avant la Ferrari F40 de 1987. Ces deux automobiles partagent la même philosophie : de la mécanique, pas d’assistance électronique, et une performance obtenue par le moteur et l’aérodynamique. La F40 l’a rapidement surpassée en performance pure, mais elle n’a jamais été une voiture de grande diffusion, avec un usage bien plus radical.

Le nom lui-même renvoie à la compétition. La Ferrari 250 Testa Rossa des années 1950 était une automobile de course de la Scuderia Ferrari, victorieuse en endurance. Reprendre ce nom sur un modèle de route en 1984 constituait une déclaration : ces voitures assumaient un lien direct avec le sport automobile, à un moment où la marque cherchait à réaffirmer son identité face aux modèles allemands.

Aujourd’hui, cette généalogie compte dans la valeur. Une Ferrari Testarossa n’est pas seulement une supercar des années 1980 : c’est le dernier douze cylindres à plat de série produit par Ferrari, une architecture que la marque n’a jamais reprise depuis, y compris sur ses séries spéciales.

Quelle cote pour une Ferrari Testarossa ?

La cote a fortement progressé depuis une quinzaine d’années. Longtemps considérée comme la Ferrari des années 1980 la plus accessible, la Ferrari Testarossa a rattrapé puis dépassé plusieurs modèles plus anciens. Trois paramètres déterminent le prix.

  • La version : une F512 M, produite à 500 exemplaires, vaut nettement plus qu’une Testarossa de grande série.
  • La première série à un seul rétroviseur extérieur, dite monospecchio, est la plus recherchée des Testarossa d’origine.
  • Le kilométrage et l’historique d’entretien, qui comptent davantage encore que sur une voiture ordinaire.

Sur ce modèle, le poste de dépense majeur est connu : la dépose du moteur pour le remplacement de la courroie de distribution, opération qui revient périodiquement et qui coûte cher. Un exemplaire dont cette intervention vient d’être faite, factures à l’appui, vaut sensiblement plus qu’une voiture au même kilométrage sans historique récent.

Que vérifier avant d’acheter une Testarossa ?

  • L’historique d’entretien complet, en particulier la date de la dernière distribution et la facture correspondante.
  • L’état de la structure et des points de fixation, sur une carrosserie en aluminium qui se répare mal.
  • La cohérence du numéro de châssis avec la version annoncée, Testarossa, 512 TR ou F512 M.
  • Le fonctionnement des phares escamotables sur les deux premières séries.
  • L’état de l’intérieur cuir et de l’électronique de bord, coûteux à remettre en état.
  • Sur un cabriolet, l’origine de la transformation : une conversion de carrossier ne vaut pas un coupé d’origine.

Comme pour tout véhicule de plus de trente ans, la carte grise peut basculer en catégorie collection. Notre page sur l’assurance d’une voiture de collection détaille les formules adaptées, et celle consacrée au contrôle technique d’une voiture de collection précise la périodicité applicable.

Qu’est-ce que la Ferrari 849 Testarossa de 2025 ?

Ferrari a repris le nom en 2025. La 849 Testarossa, code interne F154FC, est une supercar hybride rechargeable présentée le 9 septembre 2025 à Milan, en remplacement de la SF90 Stradale. Elle est proposée en coupé à partir de 460 000 euros et en spider au-delà de 500 000 euros, les premières livraisons étant attendues autour de 2026.

La mécanique n’a plus rien à voir avec celle de 1984 : un V8 biturbo de 3 990 cm3 développant 830 ch à 7 500 tr/min et 842 Nm, associé à un moteur électrique MGU-K de 220 ch inspiré de la Formule 1, pour une puissance totale de 1 050 ch. La transmission est intégrale, la boîte séquentielle robotisée à huit rapports et double embrayage. Pour 1 570 kg, la 849 Testarossa annonce 330 km/h et 2,3 s de 0 à 100 km/h, avec 25 km d’autonomie en mode électrique.

Le dessin, signé par l’équipe de Flavio Manzoni, reprend une bande noire à l’avant qui rappelle la 365 Daytona, et une partie arrière en double dérive. Un pack Assetto Fiorano ajoute un kit aérodynamique plus poussé et des pneus plus performants. Le châssis reste en grande partie celui de la SF90 Stradale, avec un appui aérodynamique de 415 kg à 250 km/h.

Questions fréquentes

Combien de Ferrari Testarossa ont été produites ?

7 177 exemplaires entre 1984 et 1996, toutes versions confondues, dont 500 F512 M.

Le moteur de la Ferrari Testarossa est-il un boxer ?

Non, au sens strict. C’est un douze cylindres à plat, un V12 à 180 degrés, dans lequel chaque paire de cylindres opposés partage un maneton. Sur un vrai boxer, chaque piston dispose de son propre maneton.

Quelle est la différence entre Testarossa et 512 TR ?

La 512 TR, produite de 1992 à 1994, gagne 38 ch pour atteindre 428 ch, avec une aérodynamique revue et 313 km/h en pointe. La conduite est plus saine, grâce à un moteur abaissé dans le châssis.

Quelle Testarossa était dans Deux flics à Miami ?

Une Testarossa blanche, conduite par le personnage de Sonny Crockett à partir de la troisième saison. Les deux premières saisons utilisaient une réplique de 365 Daytona.

Ce qu’il faut retenir

  • Ferrari Testarossa : supercar produite de 1984 à 1996 à 7 177 exemplaires, dessinée par Pininfarina, assemblée à Maranello et chez Scaglietti.
  • Moteur douze cylindres à plat de 4 943 cm3 en position centrale arrière, 390 ch, 290 km/h, boîte manuelle à cinq rapports.
  • Évolutions : 512 TR de 428 ch en 1992, F512 M de 440 ch en 1994, cette dernière à 500 exemplaires.
  • Carrosserie de 1 976 mm de large, prises d’air latérales et capot arrière en aileron de deux mètres.
  • Icône de la culture des années 1980, portée par la série Deux flics à Miami.
  • En 2025, Ferrari relance le nom avec la 849 Testarossa, hybride rechargeable de 1 050 ch.

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