L’assurance au kilomètre facture la voiture selon la distance réellement effectuée dans l’année, et non selon une moyenne. Pour un conducteur qui roule moins de 8 000 kilomètres, cette assurance auto fait baisser la prime de 20 à 30 % à garanties identiques. Voici comment fonctionne cette assurance auto au kilomètre, les deux variantes du marché, les prix pratiqués et les cas où elle ne vaut pas le détour.
Qu’est-ce qu’une assurance au kilomètre ?
C’est une assurance auto classique dont le prix dépend de l’utilisation du véhicule. Là où un contrat ordinaire applique un tarif moyen à tous les assurés d’un même profil, cette assurance distingue le conducteur qui fait 5 000 kilomètres par an de celui qui en fait 25 000. Les garanties, elles, restent les mêmes : responsabilité civile, vol, incendie, bris de glace, dommages tous accidents selon la formule choisie.
Le raisonnement des assurances est simple : moins une voiture roule, moins elle risque l’accident, et moins l’assurance auto coûte cher au kilomètre. Cette logique bénéficie à des conducteurs longtemps mal servis par l’assurance auto traditionnelle, urbains sans trajet quotidien ou retraités qui sortent le véhicule le week-end.
Les deux formules proposées par les assurances
L’enveloppe kilométrique
La formule la plus répandue. L’assuré choisit une enveloppe annuelle, de 4 000 à 12 000 kilomètres selon les offres, et règle la prime d’assurance correspondante. Un relevé kilométrique est demandé à l’échéance, photo du compteur à l’appui. C’est la formule au kilomètre la plus lisible, car le prix de l’assurance auto est connu d’avance.
Le paiement à l’usage
Ici, la prime se compose d’un abonnement mensuel et d’une part variable facturée au kilomètre. Un boîtier branché sur la prise diagnostic du véhicule, ou une application sur smartphone, transmet les distances à l’assurance. Cette assurance auto convient aux conducteurs dont l’utilisation de la voiture varie beaucoup d’un mois sur l’autre.
Comment fonctionne le paiement au kilomètre ?
Le principe tient en trois étapes, quelle que soit l’assurance auto retenue pour votre véhicule.
- Vous déclarez un nombre de kilomètres à la souscription
- L’assurance établit la prime sur cette base, avec les garanties choisies
- Vous transmettez un relevé en cours d’année ou à l’échéance, par photo du compteur ou via le boîtier
Aucune démarche supplémentaire n’est demandée si vous restez dans les clous. Le boîtier, quand il existe, se branche en quelques minutes sous le volant du véhicule et n’exige aucune intervention d’un garage.
Le prix au kilomètre selon l’enveloppe
Les montants ci-dessous correspondent à une formule tous risques sur une citadine de cinq ans, pour un conducteur sans accident. Ils donnent l’ordre de grandeur des économies offertes par cette assurance.
| Enveloppe annuelle | Prime indicative | Écart avec une assurance classique |
|---|---|---|
| 4 000 km | 340 à 420 € | – 35 % |
| 6 000 km | 400 à 480 € | – 25 % |
| 8 000 km | 470 à 560 € | – 15 % |
| 12 000 km | 550 à 650 € | équivalent |
Au-delà de 12 000 kilomètres, cette assurance perd son intérêt : le prix rejoint celui d’un contrat ordinaire, parfois le dépasse. C’est le premier critère à regarder avant de comparer les devis d’assurance auto.
Pour quels conducteurs ?
- Les urbains qui sortent leur voiture le week-end et les jours de courses, soit 3 000 kilomètres par an
- Les retraités, dont l’usage de la voiture baisse nettement après la vie active
- Les télétravailleurs, dont la voiture ne fait plus le trajet domicile-travail
- Les foyers à deux voitures, dont la seconde roule peu de kilomètres
- Les propriétaires d’un véhicule de collection ou d’une voiture de loisir
- Les jeunes assurés qui cherchent à alléger une prime d’assurance élevée
À l’inverse, un commercial, un artisan ou un conducteur qui fait 100 kilomètres par jour n’a rien à gagner à cette assurance auto, et risque même de payer davantage qu’avec un contrat ordinaire.
Que se passe-t-il en cas de dépassement du forfait kilométrique ?
Dépasser le nombre de kilomètres déclarés ne supprime jamais les garanties : vous restez couvert en cas de sinistre, y compris au-delà de l’enveloppe déclarée. L’assurance applique en revanche une régularisation, selon deux méthodes.
- Une facturation au kilomètre supplémentaire, de 2 à 5 centimes selon les offres
- Un passage automatique à l’enveloppe supérieure, avec rattrapage de la différence
Prévenez votre assurance dès que vous anticipez un dépassement : la régularisation en cours d’année coûte presque toujours moins cher que la pénalité appliquée à l’échéance du contrat. Une erreur de déclaration volontaire, elle, s’apparente à une fausse déclaration et peut coûter la garantie.
Quelles informations le boîtier transmet-il ?
La question revient à chaque devis, et elle est légitime. Un boîtier connecté relève la distance en kilomètres, les horaires de circulation et, selon les offres, le style de conduite : freinages appuyés, accélérations, vitesse moyenne. Ces informations servent à établir le tarif, jamais à dénoncer une infraction : aucune assurance ne transmet de données aux forces de l’ordre.
- Nombre de kilomètres effectués, seule information indispensable au forfait kilométrique
- Horaires de circulation, car rouler de nuit est statistiquement plus risqué
- Style de conduite, sur les offres qui récompensent la souplesse
- Position du véhicule, utile en cas de vol, mais que certains assurés refusent
Le règlement européen impose que ces informations soient décrites noir sur blanc et que l’assuré puisse en demander la suppression. Si la collecte vous gêne, l’enveloppe annuelle classique, avec simple photo du compteur de la voiture, reste la solution la plus discrète.
Les limites à connaître avant de souscrire
- Le relevé au kilomètre est obligatoire : un assuré qui ne le transmet pas bascule à l’enveloppe la plus chère
- Le boîtier enregistre des données de conduite, à lire dans la politique de confidentialité de l’assurance
- Certaines offres excluent les trajets professionnels réguliers
- L’offre reste rare chez les assurances auto traditionnelles, plus fréquente en ligne
- Le changement d’enveloppe en cours d’année n’est pas toujours possible
Comment souscrire une assurance au kilomètre
- Relever le kilométrage des deux dernières années sur les factures d’entretien
- Retenir une enveloppe légèrement supérieure à cette moyenne, pour garder une marge
- Demander trois devis d’assurance auto à garanties strictement identiques
- Comparer le prix du kilomètre supplémentaire, qui varie du simple au double
- Vérifier les modalités du relevé demandé par l’assurance, photo du compteur ou boîtier
- Signer, puis noter la date d’échéance de votre cotisation
Questions fréquentes sur l’assurance au kilomètre
Comment fonctionne l’assurance au kilomètre ?
Vous déclarez une enveloppe annuelle, l’assurance établit le tarif sur cette base, et un relevé confirme la distance réelle à l’échéance.
Quelles économies peut-on espérer ?
De 15 à 35 % sur la prime d’assurance auto, à garanties égales. Le gain devient nul au-delà de 12 000 kilomètres par an.
Que se passe-t-il si je dépasse mon enveloppe ?
Vous restez couvert. L’assurance facture les kilomètres supplémentaires ou bascule votre voiture sur l’enveloppe supérieure.
Le boîtier est-il obligatoire ?
Non. Seules les formules à l’utilisation l’imposent ; l’enveloppe annuelle se contente d’une photo du compteur.
Les garanties sont-elles réduites ?
Non, une assurance au kilomètre couvre la voiture comme un contrat classique, de la responsabilité civile au tous risques.
Ce qu’il faut retenir
- L’assurance auto au kilomètre facture selon la distance réellement effectuée
- Deux formules : enveloppe annuelle, ou paiement à l’utilisation avec boîtier
- Rentable sous 8 000 kilomètres par an, sans intérêt au-delà de 12 000 kilomètres
- Le dépassement se régularise auprès de l’assurance, il ne supprime jamais les garanties
- Le relevé au kilomètre transmis chaque année conditionne le maintien du prix
Pour aller plus loin, notre article sur l’assurance jeune conducteur détaille les autres leviers de baisse, et celui consacré à la franchise rappelle ce qui reste à votre charge après un accident.




