La Talbot Samba Cabriolet est un petit cabriolet quatre places dessiné et carrossé par Pininfarina, produit de juin 1982 à 1986 sur la base de la citadine du même nom, chez le groupe PSA. Dernier lancement de la marque Talbot, il n’a été fabriqué qu’à 13 000 unités environ, et il est aujourd’hui l’une des youngtimers françaises les plus abordables, avec une valeur qui remonte à mesure que les autos saines se raréfient.
Cette fiche présente l’histoire de la Talbot Samba Cabriolet, ses caractéristiques techniques, ses moteurs de 72 et 80 chevaux, la carrosserie et son arceau de sécurité, la comparaison avec la Golf Cabriolet, la cote 2026, les canaux pour en trouver une et les points à contrôler avant l’acquisition.
Que désigne la Talbot Samba Cabriolet ?
La Talbot Samba est une citadine compacte à hayon présentée au Salon de Paris en octobre 1981 par PSA, sur la plate-forme raccourcie de la Peugeot 104 et avec le moteur X de la Française de Mécanique. Elle devait sauver la marque Talbot, héritière de Simca et de Chrysler Europe, rachetée en 1978. La Samba Cabriolet, dévoilée au printemps 1982 et commercialisée en juin, est la version découvrable de cette berline : structure renforcée, arche fixe, toit en toile et quatre vraies places assises, une rareté dans cette catégorie.
La décapotable est dessinée et produite à Turin par le carrossier, qui fabrique et peint les coques avant leur assemblage final en région parisienne. Elle embarque exclusivement le 1 360 cc de la GLS, en 72 ch puis en 80 chevaux, avec cinq rapports. Produite à 13 062 unités jusqu’en 1986, elle disparaît avec Talbot, absorbée par le Lion, qui lui donne une descendance directe avec la 205 CTI.
| Fiche technique | Talbot Samba Cabriolet 1.4 |
|---|---|
| Production | juin 1982 à 1986, 13 062 unités |
| Carrossier | Turin ; assemblage final dans les Yvelines |
| Moteur | 4 cylindres X, 1 360 cc, simple arbre à cames, essence |
| Puissance | 72 ch à 5 800 tr/min (1982-1984) puis 80 chevaux (1983-1986) |
| Alimentation | un carburateur double corps (72 ch) ou deux carburateurs simple corps (80 chevaux) |
| Transmission | traction, boîte de vitesses manuelle à 5 rapports |
| Dimensions | longueur 350 cm, largeur 153 cm, hauteur 136 cm, empattement 234 cm, garde au sol 12 cm |
| Poids | 850 kg |
| Vitesse maximale | 157 km/h (72 chevaux), 163 km/h (80 chevaux) |
| 0 à 100 km/h | 13 s environ |
| Consommation | 6,5 litres d’essence aux 100 km en usage mixte |
| Sièges | 4, avec banquette arrière |
Histoire de la Talbot Samba : le dernier modèle de la marque
Quand PSA rachète Chrysler Europe en 1978, il hérite des usines de Poissy et de Madrid et d’une gamme vieillissante, rebaptisée Talbot en 1979. La Samba, lancée fin 1981, est la première voiture conçue sous l’ère Peugeot pour Talbot : une nouvelle citadine moderne, économe, dérivée de la 104 mais plus longue et mieux finie, produite dans les Yvelines et, pour l’Espagne, à Madrid. Le succès est immédiat, avec 116 000 unités en 1982, avant que la 205 ne vienne lui prendre ses clients dès le début de 1983.
Le cabriolet Samba arrive à l’été 1982 pour donner une image à Talbot, qui n’avait aucun cabriolet ni aucune auto de prestige. PSA confie le projet au carrossier turinois, qui signe une coque spécifique, plus rigide, avec une arche reliant les montants de pare-brise et un toit souple manuel. Le résultat est la seule petite décapotable française familiale de son temps, vendue 55 000 francs en 1983, soit le prix d’une compacte allemande de base, et bien moins que sa déclinaison ouverte.
La carrière est courte : en 1985, Peugeot décide la disparition de Talbot, dont les ventes s’effondrent face à la 205, et la production s’arrête en mai 1986, avec 6 741 voitures fabriquées sur les derniers mois. La décapotable est la dernière Talbot à quitter la chaîne ; la 205 CTI, elle aussi carrossée à Turin, reprend le flambeau dès 1986 avec la même recette, et la presse automobile de l’époque n’y voit qu’une Samba rhabillée.

Arceau et toit en toile : la carrosserie signée Pininfarina
La transformation d’une citadine à hayon en découvrable familiale impose de retravailler toute la structure. Le carrossier renforce le plancher, les bas de caisse et les montants, ajoute une arche de sécurité en acier qui rigidifie l’ensemble et sert d’ancrage à la toile, et dessine une poupe spécifique avec une malle à la place du hayon. Les glaces arrière descendent entièrement, ce qui donne un véhicule totalement ouvert, toit replié derrière la banquette.
Le toit en toile, manuel, se manœuvre en une minute et se range sous un couvre-capote ; une lunette arrière en plastique souple, remplaçable, complète l’ensemble. L’habitacle reprend la planche de bord de la Samba GLS, avec compte-tours, montre et tissus spécifiques, et les vitres électriques figuraient au catalogue en option sur les dernières années. Le style, sobre et carré, a bien vieilli : sans ailes élargies ni artifices, la française ressemble à une trois portes décapotée, ce qui fait aujourd’hui son charme.
Moteurs 72 et 80 ch : la technique de la Samba Cabriolet
La découvrable reprend uniquement le plus gros moteur de la gamme, le 1,4 litre à un seul arbre à cames en tête, monté transversalement, incliné et accolé à la transmission avec laquelle il partage son huile, comme sur toutes les Peugeot 104. De 1982 à 1984, il est alimenté par un seul corps et développe 72 ch ; à partir de 1983, une déclinaison à deux carburateurs porte la puissance à 80 chevaux et la vitesse maximale à 163 km/h, grâce à une admission revue et à un arbre à cames plus pointu.
La boîte de vitesses à cinq rapports est montée d’origine, la direction à crémaillère n’est pas assistée, les freins sont à disques à l’avant et à tambours à l’arrière, la suspension à roues indépendantes reprend celle de la berline. Avec 850 kg, la découvrable est un peu plus lourde que la version fermée, et le 0 à 100 km/h demande 13 secondes ; c’est suffisant pour une auto de plaisir dont la consommation ne dépasse pas 7 litres. La mécanique X est robuste, rustique et bien connue des passionnés de 104, avec un point faible : la chaîne de distribution et le tendeur, à surveiller au-delà de 150 000 km.
Comment se conduit la Samba Cabriolet ?
Au volant, la Talbot Samba Cabriolet se conduit comme une 104 : volant léger, pédalier rapproché, levier de vitesses précis, moteur X qui chante au-dessus de 4 000 tr/min sans jamais brutaliser. Les 80 chevaux suffisent à suivre la circulation moderne, et la légèreté de l’ensemble donne une agilité que les cabriolets plus lourds n’ont pas. Toit ouvert, les remous d’air restent modérés grâce au pare-brise haut, et les occupants voyagent sans hurler jusqu’à 110 km/h ; au-delà, la toile claque et la mécanique se fait entendre. La série des défauts est celle de l’époque : freinage juste, insonorisation absente, chauffage capricieux et sièges peu enveloppants, mais l’intérieur clair et la position de conduite haute rendent la décapotable agréable sur les petites routes, là où elle est le plus à l’aise.
Quelles versions de Talbot Samba Cabriolet existe-t-il ?
| Version | Années | Moteur | Particularités |
|---|---|---|---|
| 72 ch | 1982-1984 | 1,4 litre, un carburateur | Première version, jantes tôle, toit noir |
| 80 chevaux | 1983-1986 | 1,4 litre, double alimentation | Plus vive, compte-tours, vitres électriques en option |
| Bahia | 1984-1986 | 1,4 litre, 80 chevaux | Édition spéciale en teintes pastel, intérieur assorti, rare |
| Fin de production | 1986 | 1,4 litre, 80 chevaux | Dernières Talbot produites, valeur en hausse |
Il n’existe aucune Rallye découvrable : la sportive, avec son 1 219 cc de 90 chevaux, est restée une berline. Quelques exemplaires ont toutefois reçu cette mécanique par échange, une transformation à signaler dans les annonces. Les modèles de 1982-1986 se distinguent par leurs pare-chocs, gris sur les premiers puis noirs, et par leurs teintes, dont le fameux blanc et le rouge, les plus fréquents ; les deux versions du moteur cohabitent au catalogue en 1983 et 1984, et le type exact figure sur la plaque constructeur.

Samba Cabriolet ou Golf Cabriolet : quelle rivale choisir ?
Sur le marché des petits cabriolets des années 1980, la Volkswagen de Karmann règne sans partage depuis 1979. Face à elle, la Talbot Samba Cabriolet joue le prix, la compacité et la simplicité : elle est plus courte de 40 cm, plus légère de 100 kilos et coûtait un tiers de moins neuve. L’allemande est plus puissante et mieux finie, mais son arche massive et son toit épais la rendent moins ouverte, et l’allemande ne se trouve plus à moins de 8 000 euros ; la Samba, avec ses glaces latérales escamotables, procure une sensation de plein air supérieure.
| Modèle | Cylindrée | Puissance | Poids | Cote 2026 |
|---|---|---|---|---|
| Talbot Samba Cabriolet | 1,4 litre | 72 à 80 ch | 850 kilos | 6 000 à 14 000 euros |
| Volkswagen Golf Cabriolet | 1,5 à 1,8 litre | 70 à 112 chevaux | 950 kilos | 8 000 à 20 000 euros |
| Peugeot 205 CTI | 1,6 à 1,9 litre | 103 à 122 chevaux | 900 kilos | 9 000 à 22 000 euros |
| Ford Escort Cabriolet | 1,6 litre | 79 à 105 chevaux | 980 kilos | 5 000 à 12 000 euros |
Aujourd’hui, la française est la moins chère du lot et la plus rare, à égalité avec l’Escort ; ses pièces mécaniques, communes aux 104 et aux premières 205, se trouvent sans peine, alors que les éléments spécifiques du carrossier, toile, lunette, joints et pare-chocs, demandent de la patience. L’allemande et la 205 CTI bénéficient d’un réseau de refabrication plus fourni, ce qui explique leur valeur supérieure sur le marché de la collection.
Combien coûte une Talbot Samba Cabriolet en 2026 ?
| État | Prix constaté |
|---|---|
| À restaurer, roulante, corrosion et toile à refaire | 2 500 à 5 000 euros |
| Bon état d’usage, toit correct, mécanique saine | 6 000 à 9 000 euros |
| Très bon état, historique suivi, moins de 100 000 km | 9 000 à 12 000 euros |
| Restaurée ou d’origine exceptionnelle, Bahia | 12 000 à 16 000 euros |
Le prix de la Talbot Samba Cabriolet a doublé en une décennie, porté par la mode des youngtimers françaises et par le petit nombre de survivantes : sur 13 062 unités produites, quelques centaines seulement roulent encore en France, la corrosion et la faible valeur des années 1990 ayant envoyé la plupart à la casse. Une auto d’origine, non modifiée, avec ses jantes et son habitacle d’époque, vaut nettement plus qu’une préparation, et le 80 chevaux est plus prisé que le 72 ; chaque année, le nombre d’exemplaires disponibles diminue et les prix montent d’autant.

Où trouver une Samba Cabriolet et comment l’acheter ?
Les annonces se concentrent sur les sites spécialisés en automobile de collection, sur les forums et dans les bourses d’échanges du club, actif sur internet depuis 2014, où les amateurs vendent entre eux des autos connues et suivies. Les professionnels de la youngtimer en présentent une ou deux par an, souvent restaurées et plus chères ; les vendeurs privés sont majoritaires, et l’Espagne, où la Talbot a été produite, réserve parfois des exemplaires épargnés par la corrosion. Le contact avec le club avant tout achat, via sa newsletter ou son forum, permet de vérifier l’historique et de voir les photos d’une auto déjà connue des passionnés.
Une voiture de 1982-1986 a plus de trente ans et peut recevoir une carte grise de collection, avec contrôle technique tous les cinq ans, et une assurance à valeur agréée pour quelques centaines d’euros chaque année. Comme toute youngtimer française, elle profite d’un réseau de passionnés et d’un coût d’entretien réduit, qui en font une première automobile de collection idéale, disponible pour le prix d’une citadine d’occasion.
Que contrôler avant l’acquisition d’une Samba découvrable ?
- La corrosion, ennemi numéro un : bas de caisse, planchers, passages de roues, longerons, bac à batterie, ancrages de l’arche et du toit, tour de pare-brise.
- Le toit et la lunette arrière : toile, armature, couvre-capote, joints ; une capote neuve coûte 800 à 1 200 euros.
- Le moteur : bruit de chaîne de distribution, fumée, huile commune au moteur et à la boîte, réglage des carburateurs, joint de culasse.
- La rigidité : portes qui frottent, jeu dans les charnières, fissures aux angles de baie, signes d’une caisse fatiguée ou accidentée.
- L’origine : numéro de coque du carrossier, plaque constructeur, conformité de la puissance annoncée (72 ou 80 ch) et du tableau de bord.
- Les documents : carte grise, factures, historique d’entretien, contenu du dossier de restauration, éventuelle expertise pour la valeur agréée.
Un tour de roue permet de vérifier l’absence de bruits de structure, la tenue de la direction et le passage des vitesses ; une auto qui grince et dont les ouvrants ferment mal a probablement souffert. L’expertise par un passionné du club ou par un spécialiste des 104 et Samba est vivement conseillée avant de conclure, car les réparations de structure coûtent vite plus que la voiture.
Questions fréquentes sur la Talbot Samba Cabriolet
Combien de Talbot Samba Cabriolet ont été produites ?
13 062 unités entre juin 1982 et 1986, sur les 288 010 berlines fabriquées en France et à Madrid ; quelques centaines survivent en France.
Qui a dessiné la Samba Cabriolet ?
Le carrossier Pininfarina, à Turin, qui a conçu et fabriqué la coque renforcée avec son arche avant l’assemblage final à Poissy, comme plus tard pour la 205 CTI.
Quel moteur équipe la Samba Cabriolet ?
Le 1 360 cc de la GLS : 72 ch à un carburateur de 1982 à 1984, puis 80 chevaux à deux de 1983 à 1986, toujours avec cinq rapports.
La Samba Cabriolet est-elle une bonne première voiture de collection ?
Oui : mécanique rustique et bien connue, quatre adultes, valeur encore accessible, club actif ; seules la corrosion et les pièces spécifiques du carrossier demandent de la vigilance.
Ce qu’il faut retenir
- Talbot Samba Cabriolet : petite découvrable familiale carrossée à Turin, produite de juin 1982 à 1986 à 13 062 unités, dernier modèle Talbot.
- Moteur 1,4 litre de 72 puis 80 chevaux, cinq rapports, 850 kilos, 163 km/h : une mécanique de 104, rustique et fiable.
- Cote 2026 : 6 000 à 12 000 euros pour un bon exemplaire, jusqu’à 16 000 euros pour une voiture exceptionnelle.
- Avant l’acquisition : corrosion de la structure et de l’arche, toit, chaîne de distribution, origine et documents ; contact avec le club Talbot Samba.




