La grille d’évaluation du permis de conduire est le document sur lequel l’inspecteur évalue le candidat pendant l’épreuve pratique du permis B. Elle compte 31 points, répartis entre dix critères notés de 0 à 3, plus deux points bonus ; il faut obtenir au moins 20 points, sans faute éliminatoire, pour réussir l’examen. Connaître cette grille de notation, c’est savoir exactement ce que l’inspecteur regarde, savoir où l’on en est de sa maîtrise, où se gagnent les points et quelles erreurs font échouer à coup sûr.
Cet article détaille la grille d’évaluation du permis critère par critère, le principe de l’évaluation et le barème de notation, la liste des fautes éliminatoires, le déroulement de l’épreuve pratique du permis de conduire et les conseils pour obtenir les 20 points minimum. Il concerne le permis B et ne concerne pas les deux-roues ; les autres catégories, moto ou poids lourd, ont leur propre grille d’évaluation, chaque catégorie ayant ses critères. Il complète notre article sur le prix du permis de conduire et celui sur le permis probatoire, qui commence le jour de la réussite.
Comment fonctionne la grille d’évaluation du permis de conduire ?
Depuis 2018, l’examen du permis de conduire B dure 32 minutes, dont 25 minutes de conduite effective, avec un inspecteur du permis de conduire à bord, l’examinateur, parfois accompagné du moniteur d’auto-école. Pendant la conduite, l’inspecteur remplit une grille d’évaluation, aussi appelée grille de notation ou barème du permis, sur laquelle chaque compétence de conduite est évaluée de 0 à 3 : 0 quand la compétence n’est pas acquise, 1 quand elle est en cours d’acquisition, 2 quand elle est acquise mais irrégulière, 3 quand elle est restituée en toute situation.
La grille comporte aussi une colonne E, pour éliminatoire : une croix dans cette colonne, quelle que soit la note obtenue par ailleurs, entraîne l’échec. Le résultat est communiqué au candidat sous 48 heures sur le site officiel, avec le détail des points par compétence, ce qui permet de savoir précisément ce qui a manqué en cas d’échec et de cibler la formation avant de repasser le permis de conduire. En pratique, la plupart des échecs tiennent à une seule erreur grave, pas à un manque de points.
- Note maximale : 31 points
- Minimum pour réussir : 20 points, sans croix dans la colonne E
- Dix compétences notées de 0 à 3, soit 29 points, plus 2 points bonus
- Durée de l’épreuve : 32 minutes, dont 25 minutes de conduite effective
- Résultat en ligne sous 48 heures, avec le détail de la grille
Le barème de notation du permis B, critère par critère
| Domaine | Compétence évaluée | Points |
|---|---|---|
| Connaître et maîtriser son véhicule | Installation au poste de conduite | 2 |
| Vérifications intérieures et extérieures, question de sécurité, premiers secours | 3 | |
| Connaître et utiliser les commandes | 3 | |
| Appréhender la route | Prendre l’information | 3 |
| Adapter son allure | 3 | |
| Appliquer la réglementation | 3 | |
| Partager la route avec les autres usagers | Communiquer avec les autres usagers | 3 |
| Partager la chaussée | 3 | |
| Maintenir les espaces de sécurité | 3 | |
| Autonomie et conscience du risque | Analyse et adaptation aux situations, conduite autonome | 3 |
| Points bonus | Courtoisie au volant, conduite économique | 1 + 1 |
| Total | 31 |
Connaître et maîtriser son véhicule : 8 points
S’installer et assurer la sécurité à bord : 2 points
Avant de démarrer, le candidat au permis règle le siège, le dossier, l’appuie-tête, les rétroviseurs intérieur et extérieurs, boucle sa ceinture et vérifie que les passagers ont bouclé la leur. L’examinateur observe l’ordre et la rigueur de cette installation au poste de conduite, apprise dès les premières heures de formation en auto-école. Ce sont les 2 points les plus faciles du barème, et les oublier au profit du stress du jour J est une erreur fréquente.
Vérifications intérieures et extérieures : 3 points
Pendant l’épreuve, l’examinateur demande une vérification intérieure ou extérieure tirée au sort : montrer le témoin d’usure des pneus, actionner le lave-glace, vérifier le niveau d’huile, allumer les feux de croisement. Il pose ensuite une question de sécurité routière liée à cette vérification, puis une question de premiers secours ; ces questions sont tirées de la liste officielle, que tout candidat doit connaître par cœur pour obtenir les points. Chaque bonne réponse vaut 1 point ; une mauvaise réponse ne fait perdre que le point, jamais l’examen.
Connaître et utiliser les commandes : 3 points
Clignotants, essuie-glaces, feux, avertisseur, frein à main, boîte de vitesses, régulateur : le candidat doit manipuler les commandes du véhicule sans hésitation ni regard prolongé vers le tableau de bord. L’examinateur évalue le fonctionnement fluide de l’ensemble et la bonne connaissance du fonctionnement du véhicule, en particulier l’usage des clignotants à chaque changement de direction et le passage des vitesses adapté au régime moteur.

Appréhender la route : 9 points
Prendre l’information : 3 points
Regarder loin, contrôler les rétroviseurs toutes les cinq à dix secondes, adapter son regard à l’environnement, vérifier les angles morts avant tout changement de file, lire les panneaux et anticiper le comportement des autres usagers : prendre l’information est la compétence qui conditionne toutes les autres. Les contrôles doivent être visibles par l’examinateur, ce qui suppose de tourner franchement la tête.
Adapter son allure : 3 points
La vitesse doit correspondre aux limitations, mais aussi aux conditions : pluie, visibilité, densité du trafic, zone d’école, virage. Rouler trop lentement sans raison est aussi pénalisé que rouler trop vite, car cela gêne la circulation. Le candidat qui roule à 30 km/h sur une route limitée à 80 par beau temps perd des points, comme celui qui aborde un virage serré trop vite ; la bonne vitesse est celle qui permet de s’arrêter sur la distance visible.
Appliquer la réglementation : 3 points
Priorités, feux, stops, lignes continues, sens interdits, limitations de vitesse, distances de sécurité : le respect des règles du code de la route est évalué en continu, le respect des règles de priorité étant le plus surveillé ; l’évaluation se fait en ville comme sur route, dans la circulation réelle, et tient compte du trafic du moment. Une erreur mineure coûte un point ; une erreur qui met en danger, comme un stop non marqué ou un refus de priorité, passe dans la colonne E.
Partager la route avec les autres usagers : 9 points
Communiquer avec les autres usagers : 3 points
Clignotants mis à temps, avertisseur en cas de danger, feux de détresse dans un ralentissement, position sur la chaussée qui annonce l’intention : communiquer, c’est rendre sa conduite prévisible pour les autres usagers de la route ; la communication passe par les commandes autant que par la position du véhicule. L’examinateur note aussi la courtoisie, qui rapporte un point bonus.
Partager la chaussée : 3 points
Se placer correctement dans sa file, laisser un mètre aux cyclistes en ville et un mètre cinquante hors agglomération, respecter les piétons engagés, ne pas gêner les bus qui quittent leur arrêt : partager la chaussée suppose de considérer chaque usager, y compris les plus vulnérables, et de savoir adapter sa trajectoire à l’environnement, dense en ville ou dégagé sur route.
Maintenir les espaces de sécurité : 3 points
Deux secondes avec le véhicule qui précède, davantage sur route mouillée, un espace latéral suffisant en dépassement, une distance d’arrêt respectée aux feux : les espaces de sécurité sont mesurés en permanence par l’examinateur, et une distance trop courte répétée fait perdre les 3 points de ce critère.

Autonomie et conscience du risque : 3 points
Pendant environ cinq minutes, le candidat conduit en autonomie, en suivant une direction indiquée par des panneaux ou un itinéraire annoncé, sans instruction de l’examinateur. Cette partie de l’examen évalue l’analyse des situations, l’adaptation aux imprévus et la capacité à prendre les bonnes décisions seul, dans la circulation, comme le fera le futur conducteur une fois le permis de conduire en poche. Se tromper de direction n’est pas une faute : ce qui compte est la sécurité de la conduite pendant le trajet.
Les points bonus : courtoisie et conduite économique
Deux points s’ajoutent aux 29 points des compétences. La courtoisie récompense le candidat qui laisse passer un piéton hésitant, facilite une insertion ou remercie d’un geste. La conduite économique, appelée aussi éco-conduite, récompense une conduite souple, sans accélération brutale ni freinage tardif, avec des rapports montés tôt et un usage du frein moteur. Ils font souvent la différence entre 19 et 21.
Ce que la grille d’évaluation du permis mesure vraiment
Les critères de la grille d’évaluation du permis de conduire ne sont pas une liste de gestes à cocher : ils mesurent une capacité à conduire en sécurité dans un environnement réel, avec ses imprévus. C’est pourquoi la même erreur peut valoir un point en moins ou une faute éliminatoire selon le contexte : freiner tard devant un feu vide coûte un point ; freiner tard devant un piéton engagé est éliminatoire. L’examinateur ne cherche pas une conduite parfaite mais une conduite sûre, régulière et autonome, celle d’un conducteur qui saura se débrouiller seul le lendemain du permis.
Le permis B est évalué avec la même grille dans toute la France, le jour J comme lors des mises en situation en auto-école, quel que soit le centre d’examen ou l’examinateur. Les compétences évaluées, et la façon dont elles sont évaluées, reprennent le référentiel pour l’éducation à une mobilité citoyenne, le programme officiel de formation, que le moniteur suit en auto-école : chaque leçon du livret d’apprentissage correspond à un critère du barème. Un candidat qui a validé les quatre étapes de son livret connaît donc déjà, en pratique, tout ce que l’examen va évaluer ; le jour de l’épreuve, il s’agit de le restituer correctement malgré le stress.
Le code de la route reste présent tout au long de l’épreuve pratique : un candidat qui a bien assimilé le code lors de l’examen théorique perd rarement des points sur la réglementation ; en revanche, savoir le code ne suffit pas. Les points se perdent plutôt sur la prise d’information, la vitesse et les espaces de sécurité, trois critères qui relèvent de l’expérience de conduite et non de la connaissance. C’est la raison pour laquelle le nombre d’heures de conduite pèse plus sur le résultat que la maîtrise du code, et qu’une bonne formation pratique fait toute la différence.
Les fautes éliminatoires
Une faute éliminatoire, au sens du barème, est une erreur qui compromet la sécurité, celle du candidat, de l’examinateur ou des autres usagers. Elle entraîne l’échec, quel que soit le total de points obtenu par ailleurs, même si l’épreuve se poursuit jusqu’à la fin. L’intervention de l’examinateur sur les commandes, volant, frein ou double pédale, est toujours sanctionnée par une croix dans la colonne E.
- Franchir un feu rouge ou ne pas marquer l’arrêt à un stop
- Refuser une priorité, à droite ou à un cédez-le-passage, en obligeant un autre usager à freiner
- Franchir une ligne continue ou prendre un sens interdit
- Dépasser dangereusement ou dans une zone interdite
- Dépassement de la vitesse autorisée mettant en danger, ou allure dangereuse dans un virage
- Ne pas contrôler les angles morts avant un changement de file qui gêne un autre usager
- Mettre en danger un piéton ou un cycliste
- Caler à répétition dans une situation dangereuse, par exemple sur un passage à niveau ou un carrefour
- Toute situation exigeant l’intervention de l’examinateur ou du moniteur
La liste n’est pas figée : l’examinateur apprécie la dangerosité de chaque situation. Caler une fois au feu, monter sur un trottoir en manœuvre ou rater un créneau ne sont pas des fautes éliminatoires en soi, tant qu’aucun usager n’est mis en danger. La manœuvre demandée pendant l’examen, marche arrière en ligne droite, créneau, demi-tour ou stationnement en épi, est notée dans les compétences, pas dans la colonne E.
Le déroulement de l’examen du permis de conduire
- Accueil par l’examinateur, vérification de l’identité et du livret d’apprentissage, présentation du déroulement
- Mise en place au volant et départ
- Conduite guidée pendant environ 20 minutes, en ville et hors agglomération, sur des routes variées
- Phase de conduite autonome d’environ 5 minutes, direction indiquée par les panneaux
- Une manœuvre tirée au sort : marche arrière, créneau, stationnement, demi-tour
- Vérification intérieure ou extérieure, question de sécurité et question de premiers secours
- Retour au point de départ, arrêt du moteur, fin de l’épreuve sans annonce du résultat
L’examinateur ne communique jamais le résultat sur place. Il est mis en ligne sous 48 heures, jours ouvrés, sur le site officiel, avec la grille détaillée : en cas de réussite, le certificat d’examen tient lieu de permis de conduire pendant quatre mois, le temps de recevoir le titre.
Comment se préparer à la grille d’évaluation du permis ?
- Répéter la mise en place au volant jusqu’à l’automatisme : ce sont 2 points acquis avant de démarrer
- Apprendre par cœur les vérifications et les questions de sécurité et de premiers secours : 3 points de plus
- Exagérer les contrôles visuels, tête tournée, pour que l’examinateur les voie
- Rouler à la vitesse autorisée, ni au-dessus ni nettement en dessous
- Mettre le clignotant tôt, y compris pour quitter un rond-point ou un stationnement
- Garder deux secondes avec le véhicule qui précède, trois sous la pluie
- Ne pas se laisser déstabiliser par une erreur : une faute non éliminatoire coûte un point, pas l’examen
- Faire au moins une simulation d’examen complète avec le moniteur, chronométrée, dans les conditions réelles, pour valider chaque critère de la grille
Questions fréquentes sur la grille d’évaluation du permis
Combien de points faut-il pour avoir le permis ?
20 points minimum sur 31, sans faute éliminatoire, à l’épreuve pratique du permis de conduire. Un candidat à 25 points avec une croix dans la colonne E échoue ; un candidat à 20 points sans croix obtient son permis de conduire.
Combien de fautes peut-on faire au permis ?
Il n’y a pas de nombre de fautes : chaque critère est évalué de 0 à 3, et il faut totaliser 20 points. On peut perdre jusqu’à 11 points sur l’ensemble de la grille et réussir, à condition de ne rien commettre d’éliminatoire.
Quelle est l’erreur éliminatoire la plus fréquente ?
Le refus de priorité, puis le stop non marqué et l’oubli des angles morts lors d’un changement de file. Ce sont les trois erreurs qui reviennent le plus dans les grilles d’échec, toutes catégories de candidats confondues.
Combien de temps dure l’examen du permis B ?
32 minutes au total, dont 25 minutes de conduite effective, avec 5 minutes environ de conduite autonome et une manœuvre.
Peut-on voir sa grille d’évaluation après l’examen ?
Oui. Le résultat, disponible en ligne sous 48 heures, reprend le score de chaque critère et la mention éventuelle d’une faute éliminatoire, ce qui permet de savoir exactement quoi retravailler.




